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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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SKOTION

I.

C E H A M IQ Y E

L'art céramique, dont le nom provient de xîpajjioç, nom grec d'nne poterie, on,suivant, que auteurs, d'un quartier d’Atliènes où travaillaient les potiers devenusdo véritables artistes, est peut-être celui où les styles se sont révélés le plus nettement.Toutes les nations, dès leur origine, ont eu des vases de terri 1 ; et la moindre tendanceà l'élégance a dù se révéler dans ces ustensiles vulgaires. Les Egyptiens, les Grecs,les Arabes , ont excellé également dans l'Architecture et la Céramique, deux arts pri-mitil's dont la liaison est intime et dont les produits tirent leur charme non de l'imita-tion d'objets naturels, mais de l'harmonie de leurs proportions géométriques '.

Il importe de remarquer, avant tout, que les moyens de fabrication des poteriesayant une valeur artistique, n’ont pas toujours permis aux diverses époques de traduire

i Un de nos plus spirituels feuilletonistes, M. Théophile Gautier , qui est excellent juge en matièred’art, fit sur une Exposition quelques feuilletons où l’appréciation des caractères propres à chaquecréation industrielle était parfaite, tout en étant présentée sous une forme légère; où était biensentie la relation intime entre les mœurs, les idées d’une nation et les produits de son industrie,idée que cet ouvrage a surtout pour but de faire bien comprendre. Nous lui empruntons quelqueslignes relatives aux poteries.

« Les potiches chinoises, dit-il, n’ont-elles pas l’air d’honnêtes mandarins bénignement pansus...,le Céleste Empire n'est-il pas tout entier dans une théière ? L’Egypte, avec ses Anubis à tête dechien, ses éperviers sacrés, ses scarabées mystiques, ses pylônes, se résume tout entière dans uneurne. Ce pot au goulot court, aux épaules embarrassées, aux bras pris dans les flancs, ne vousrappelle-t-il pas un sphinx de Karnac engagé dans son piédestal, une momie emmaillotée dans sesbandelettes? Ces patères étrusques aux contours harmonieux et sveltes, aux peintures sur fondrouge ou fond noir, ne font-elles pas penser, par la beauté et la jeunesse de leurs formes, aux dieuxde l’Olympe, aux athlètes frottés d’huile et luttant dans le cirque? L’Espagne ne trahit-elle pasl’invasion moresque par ses tinajas, ses cantaros, ses jarras et scs alcarazzas en terre poreuse où setrouve inscrit le trèfle arabe ? N’y a-t-il pas tout le désordre spirituel, tout le papillotage amusant etfacile du xviii* siècle, dans les lignes tourmentées et pourtant coulantes de ces porcelaines contem-poraines de Voltaire et de M" ,e de Pompadour? »

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