ART INDUSTRIEL.
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longtemps la réputation do la fabrique de Meissen en Saxe , la première qui ait fait dela porcelaine dure, grâce aux travaux de Tchirnaüs et de Iîœttger qui en furent lesfondateurs. Nous donnerons à ce sujet le passage que M. Rrongniart. a consacré à cesproduits dans son « Traité des Arts céramiques, » note curieuse qui montre la con-science que ce savant vieillard apportait dans ses jugements en matière d'art, etest l'expression naïve de la iliificulté qui se rencontre à ne pas se tromper dans cesmatières.
« Il me parait dillicile, dit-il, pour ne pas dire impossible, d'établir maintenant enqui est de bon ou de mauvais goût, car j'ai vu appliquer, suivant les temps, chacunede ces épithètes au même objet, par la majorité non-seulement des personnes dontl'opinion sur ces matières mérite une grande considération, mais aussi par des artistesreconnus pour des hommes de talent ; je suis donc réduit à ne pouvoir apprécier lesproductions des arts d'ornements, qu'en émettant ma propre opinion ou l'opiniondominante d’une époque, c’est-à-dire, celle de la mode. Or, suivant mon opinion, lesligures isolées ou groupées de la manufacture de Saxe sont d’un mauvais goût., d’unmauvais style,... etc. »
M. Rrongniart ne parle ici que de Meissen , mais il est clair que tous les produits dumême genre sont peu goûtés par lui. Le biscuit blanc de Sèvres était le seul qu’iladmit pour les tigurines. Homme lui. nous eslimons peu ces colorations, ces imitationsde fleurs toujours imparfaites.
no Pièces en porcelaine. —il nous reste a traiter la question la plus importante :quelles- formes tend-on à donner aux pièces dignes d'être remarquées que produit laEéram.que à notre époque?
Nous laisserons de côté toutes les imitations des styles anciens ou étrangers queles progrès techniques permettent d'obtenir; les imitations des pièces étrusques, mau-resques, chinoises surtout, dont la fabrication forme une industrie importante, à cause 1du mérite justement apprécié des productions du Céleste Empire; c'est le cachetpropre de la puissance de l'industrie moderne que de reproduire tous les stylesantériturs. Nous ne parlerons pas non plus des produits curieux dus aux progrès desprocédés techniques; telles sont les tasses d'une extrême légèreté obtenues grâce auprocédé de moulage à l'aide du plâtre desséché. Les pièces dites coquilles d'œuf,qu'il est possible d'obtenir ainsi, n'ont qu'une épaisseur tellement minime, qu'ilserait complètement- impossible de les fabriquer sur le tour.
Les genres les plus appréciés des pièces modernes peuvent se réduire à deuxprincipaux.
Le jremier se rattache plutôt au mauresque qu'à tout autre style; ses caractèresessentiels consistent dans l'emploi des couleurs à tons francs, des dorures, des enla-cement découpés à jour. Les couleurs à grand feu, telles que celles justement célè-bres de MM. Disery et Talmours. constituent un progrès important accompli danscette voie quant à la décoration. Nous donnons ici la pièce du milieu d'un beauservice de table mis à l'Exposition par M. Honoré, un de nos premiers fabricants,et qui, comme les jolies pièces orientales de forme sphérique de M. Copeland, un despremiers fabricants anglais , nous parait- bien indiquer le genre dont nous parlons.Nous reviendrons sur ces dernières en traitant des décorations.
Les formes employées par les Allemands dans la céramique, mais surtout dans la