SECTION III.
L'étude des meubles, du mobilier, doit suivre immédiatement celle de l'architec-ture, non-seulement parce que les divers objets dont, nous avons à parler sont destinésà prendre place dans les salles que produit l'architecture, et par suite doivent, avanttout, se trouver en rapport avec la l'orme, la disposition des édilices, des pièces pourlesquels ils sont créés; mais encore parce que les meubles sont de véritables construc-tions obtenues à l'aide d'assemblages qui donnent à leur charpente une forme rectan-gulaire, que leur élégance, le charme de leurs lignas est surtout le résultat d'harmo-nies de même nature que celles qui charment dans les monuments, et que leursformes sont inspirées par le même goût qui, à une époque déterminée, faitconstruire les édifices; qu'ils sont la représentation des mêmes mœurs.
Le bois est, par excellence, la matière convenable pour la fabrication des meubles,et les métaux, souvent employés pour des meubles de peu de prix, ne peuvent leremplacer ; le froid du métal contraste désagréablement avec le toucher agréable dubois poli.
Indépendamment de la beauté des teintes et des veinures des bois employés parl'ébénisterie, de l’éclat qu'ils acquièrent étant polis, et dont l'industrie vulgarisel'usage en en abaissant les prix de revient par le placage, le grand mérite du bois pourla fabrication des meubles résulte de la facilité avec lequel on peut le travailler, del’élégance des formes qu’on peut lui donner par un travail modéré.
Les différentes manières de façonner le bois suivant des formes voulues, les moyensde production ont nécessairement une relation intime avec les formes décoratives quisont le plus employées. Nous distinguerons :
Le travail à l'aide de la scie et du rabot, qui permet d'obtenir toutes les surfaces àgénératrices rectilignes, toutes les moulures analogues à la majeure partie de cellesde l'architecture ;
Le tour, qui sert à obtenir toutes les formes cylindriques ou coniques;