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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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Si l'acheminement du mobilier vers les formes et surtout les décorations de la 'Renaissance tondait à se manifester pour les meubles usuels, le désir de faire desobjets élégants pour nécessaires, corbeilles de mariage, etc., tous ces objets de goûtauxquels on donne, dans le commerce le nom de petits meubles, ramena de son côtéau mélange du bronze doré, des porcelaines, des émaux, etc., avec le bois, et par suiteaux styles de Louis XIA’ et Louis XVI. On peut dire que le style Louis XIV nous est•revenu par 1(' désir de les couvrir d’incrustations, ce qui a formé des ouvriers capablesd'attaquer l'exécution des mobiliers les plus complets, des plus grandes pièces. Lesincrustations, réduites souvent à quelques iilets seulement, ont été fréquemmentadoptées pour la décoration de meubles assez simples. Ces divers styles ont produittles formes, des décorations de mobilier toutes spéciales, qui ne sont pas, connuenous l'avons vu pour des époques où l'art jetait peu d'éclat, des imitations en bois del'architecture.

Si nous parlons maintenant de l'ébénisterie d’art, ce qui comprend indirecte-ment les meubles du commerce, qui sont toujours un reflet des œuvres les plussoignées-, en laissant également de côté l’étude de tous les styles employés dansdes cas particuliers pour des ameublements spéciaux, nous dirons qu'en généraldepuis plusieurs années, c'est entre l'imitation du style Louis XIV et celui de laRenaissance que le goût oscille. La perfection avec laquelle nos ouvriers exécutentle travail d'incrustation permet d’établir d’admirables imitations de Boule, de vul-gariser ces meubles si riches. Cependant en ce moment on peut dire que ce sont les(ouvres inspirées par les traditions de la Renaissance qui occupent le premier rang;le public est entraîné par le talent des artistes et surtout des sculpteurs, dont lesproduits sont de véritables œuvres d'art, et auxquels ils donnent un cachet propreà notre temps qui semble se dégager du milieu d'une imitation partielle du passé,sans qu'il soit facile de le formuler d’une manière encore nettement définie.

Si lés œuvres artistiques rappellent la Renaissance, les produits du commerce, imi-tation éloignée de ceux-ci, doivent être rangés dans la même classe; c'est ce que rendindubitable la vue des mobiliers destinés à la vente courante qui garnissent les bouti-ques des commercants. Nous ne saurions faire trop remarquer combien cette fabrica-tion, inspirée par des œuvres élégantes qui en sont le couronnement, se distinguedans notre pays par la pureté des lignes, par une véritable élégance (le formesgénéralement bien comprises.

Mais avant de passer aux œuvres les plus remarquables de notre industrie, disonsquelques mots de celles des nations rivales de la France

Aussi longtemps que l'ébénisterie anglaise se borne au soin du comfortable, sourced’un style bien en rapport avec nos mœurs, mais fort éloigné des données artistiques,elle remplit bien les conditions (le durée et de solidité, et ne manque pas d'élégance,aussi il y a vingt ans elle nous fournissait souvent des modèles; mais dès quelle viseau grand luxe et à l'imitation des formes de la nature, elle cesse d'être satisfaisante.

En Allemagne , l'ébénisterie de Vienne jouit d'une grande réputation, l’ius lourdeque celle de Paris , elle a cependant un véritable mérite. On reconnaît dans sesproduits, avec une malheureuse propension à la lourdem, une excellente exécutionde formes compliquées, résultat de cette vulgarisation de la science du dessinqui est. une base si importante des progrès de l'industrie allemande. Nous on donnons