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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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SLl'Ll’Tl'RE, ORFEVRERIE . Ilô

œuvre d'art. Le repoussé exige un talent réel et une grande connaissance du modelé.

I ne oeuvre exécutée par ces procédés se distingue, à la simple vue, d'un morceaufondu et ciselé et porte toujours une empreinte de vie et d’originalité qui lui donneune grande valeur L Ce n'est que pour des produits dont la consommation est éten-due, qu’on arrive à la multiplication économique des pièces par l’estampage, par lerepoussé obtenu au moyen de creux et de reliefs de la forme même qu'il s'agit d'ob-tenir. Les ornements estampés, soudés ou vissés sur la pièce principale servent, commedes ornements fondus ou obtenus aujourd'hui par la galvanoplastie, à décorer despièces qui tirent leur charme de formes géométriques dont les convexités sont conti-nues et brillantes. Mais quels que soient les modes do travail, on ne peut séparerl’étude de procédés différents employés pour obtenir des produits de même nature,de même qu'on doit, au point de vue de l’art, étudier à la fois les pièces quitirent leur harmonie de la proportion des lignes, qui ne rappellent aucune produc-tion naturelle, et celles remarquables par l’imitation des êtres animés. Ces circon-stances viennent se présenter souvent en même temps dans les pièces d'orfèvrerie.

L’application industrielle de l’estampage a engendré plusieurs fabrications écono-miques; telle est celle des cuivres estampés, pour laquelle on n’a besoin que de creuxloiulus fournissant des reliefs en plomb pour simple coulage. Ces cuivres, de faibleépaisseur et livrés à bas prix, peuvent cependant donner des produits satisfaisants, leurgrande multiplication permettant d'apporter des soins convenables au type primitif.

A propos de l'estampage, nous devons rappeler la plus ancienne et la plus impor-tante fabrication, le monnayage, qui s’applique au travail de plaques métalliques d’as-sez grande épaisseur pour la fabrication des monnaies, médailles, etc.

Puisque nous disons quelques mots des procédés, nous devons citer la galvano-plastie qui tend à envahir aujourd'hui l'orfèvrerie connue les bronzes et qui donnedes résultats très-avantageux dans beaucoup de cas.

Plus facilement peut-être que la statuaire, P orfèvrerie permet, tant par son éclat quepar le peu de grandeur des personnages, par les colorations diverses, etc., de donnersurtout aux bas-reliefs, à la représentation de petites scènes complexes, un mouve-ment, une vie, que le statuaire se propose rarement d'obtenir. Elles sortent d’ail-leurs de la sphère qui lui est propre, de la représentation du sentiment individuel.Toutefois, disons, à l’exemple des plus grands artistes, que la figure humaine con-vient bien moins à l’orfèvrerie que la représentation des animaux, des fleurs, desenroulements de fantaisie qui réjouissent les yeux, sans appeler la critique sur desœuvres que les moyens d’exécution rendent, pour ainsi dire, impossibles à obteniravec le degré élevé de perfection auquel la statuaire nous a habitués.

On ne doit toutefois pas oublier que l’orfèvrerie n'arrive à l’art qu’en cherchantdos moyens de décoration, et ce serait 'une erreur que de juger les plus bellespièces d’orfèvrerie comme œuvre d’art pur. Le but à atteindre est de charmer l’œilpar leur ensemble, de communiquer le sentiment de la richesse par leur éclat, mais

1 II faut distinguer le repoussé de la retreinte d’avec procédé de la chaudronnerie, qui ne peuts’appliquer qu’à de grandes surfaces. Le repoussé s’effectue sur une feuille de méial dont lessaillies, grossièrement indiquées, sont garnies de mastic de résine, ce qui permet au métal de sup-porter le choc du marteau sans se déchirer.