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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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SCl’Ll'Tl’RK, ORFEVRERIE . 123

l'artiste dans une proportion suffisante. L’asservissement de l’art à des règles inva-riables ôtait aux productions tout mouvement et toute variété.

« Au xi e siècle, dit M. Bouvquelot « (Patria), » la statuaire se présente sous deuxformes Rien distinctes : l'une courte et ronde, sans noblesse et sans grâce, grossiersouvenir de l’art dégénéré ; la seconde apportée de Constantinople et dont les carac-tères sont : l’allongement des ligures, le parallélisme des plis dans les draperies,l'absence de perspective dans les pieds et les genoux, la courbure des sourcils, ladisposition des yeux saillants, fendus et relevés-aux extrémités. Ces deux formes semaintinrent presque simultanément jusqu’au xm« siècle qui fut} pour la statuairecomme pour les autres arts, une époque de renaissance. »

M. Emerie David fait observer avec râison que les artistes du temps de Constantin (età plus forte raison les sculpteurs de l’Occident ) crurent pouvoir se dispenser d’étudierl’antique et l’homme nu, par la raison que dans des images, la plupart religieuses,ils n’avaient, à représenter que des toges. Aussi bientôt ne surent-ils plus poser uneligure d’aplomb sur ses pieds, et ils arrivèrent enûn à ne dessiner que des pygméespresque dénués de toute forme humaine.

Remarquons que la statuaire pouvait difficilement ne pas dégénérer lorsque lechristianisme viut-faire disparaître le paganisme, et qu'avant d’avoir conçu la penséede constituer un art propre à leurs croyances, les premiers chrétiens voyaient partoutles chefs-d’œuvre de l’art païen ; aussi, par haine de l’idolâtrie, proscrivirent-ils les artset les artistes. Nous n’avons pas besoin de rappeler ici les querelles des Iconoclastes.

Nous ne reviendrons pas ici sur la sculpture décorative du style roman; nousaurons à compléter plus loin les exemples que nous avons donnés des zigzags, despointes de diamant, et autres ornements propres à ce style.

Bronze. — On connaît, de cette époque, des bas-reliefs en bronze, obtenus presqueentièrement à l’aide de la ciselure. C’était une sculpture en métal, évidemment inspiréepar la vue des œuvres nombreuses d’orfèvrerie dont nous allons parler, et par le désirde produire des œuvres plus durables, plus résistantes.^

Orfèvrerie. —L’orfèvrerie byzantine, comme l’architecture des empereurs d’Orient,atfecta des formes moins sévères, moins pures, moins classiques enfin que l’orfèvrerieantique. On y voit moins d’étude, de calcul dans la combinaison des lignes. Mais,en revanche, une grande recherche de richesse matérielle caractérise l'orfèvreriedu « style byzantin. » On trouve à la Trésorerie d’Aix-la-Chapelle des produits de cestyle, qui datent du temps de Charlemagne , et qui pourraient servir de modèles auxartistes de nos jours. La sculpture en métal, par repoussé, occupa une très-grandeplace dans l’art de cette époque.

Durant, le moyen âge, l’orfèvrerie brilla particulièrement dans la fabrication deschâsses, des reliquaires, des tabernacles, des ostensoirs, des chandeliers, des retablesd'autels, des crucifix, etc. L’orfèvrerie religieuse prit de lionne heure un grand déve-loppement chez les Franks, peuple qui identifia ses intérêts à ceux des évêques desGaules; elle était en quelque sorte leur art national. Le luxe des souverains, maisbien plus encore la foi, inspirèrent des œuvres merveilleuses; ainsi vers l’an 1000lapeur de la fin du inonde fit affluer les métaux précieux dans les églises ; aussi c’est dansles Trésors des cathédrales (pie vinrent se réunir les plus beaux travaux. Les châsses,les tabernacles, les reliquaires reproduisent le plus souvent, les formes des églises, et