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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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ART INDUSTRIEL.

nos artistes. Dans ce goure de créations le gracieux, l'agrément dans les motifs estsurtout recherché avec juste raison ; la statuaire de si petite dimension ne peut guère,comme nous l'avons dit, se proposer un luit plus élevé.

L'influence du procédé Collas, qui a mis en circulation d'excellentes réductions deschefs-d'œuvre de, l'antiquité, doit être surtout citée aussi Lien que celle de llaryo, quipar une étude exquise de la nature a fait faire un pas immense à la reproduction desanimaux.

Dans ce qui précède nous parlons surtout du bronze d'art, qui conserve la couleurdu métal; dans ce qui suit nous aurons plus souvent en vue le bronze doré, dont lafabrication moins artistique est, et surtout était plus spécialement il y a encore peude temps, l'objet de l'industrie îles bronzes.

C'est dans ce siècle, et surtout à partir de 1810, que l'art peut être considéré commecomplet, grâce aux travaux antérieurs qui ont valu une juste réputation à ltavrio,Thomire , Renière, ceux-ci qui améliorèrent, en lui donnant une grande importance,la fabrication des petits bronzes qui tendait à renaître. Les artistes, devenus bientôtbeaucoup plus nombreux, trouvèrent dans leur imagination et leur talent les res-sources nécessaires pour tenir en éveil la curiositté et l'intérêt des acheteurs. Unefoule de petites pièces de décoration et d'ameublement furent mises, par leur bonmarché, à la portée des fortunes moyennes. Le plus souvent leurs ornements appar-tenaient au style Louis XV , qui olfrait de magnifiques modèles de pièces d’un grandéclat, donnant des produits d'un goût en. général douteux et assez fréquemmentmauvais 1 . Nos meilleurs fabricants cherchèrent à contenir le goût public soit en luioffrant, à un prix modéré, de belles choses, même dans le style qu’il préférait ; soiten excitant sa fantaisie par des travaux ornés et variés, d’un caractère nouveau etcurieux à la fois.

Si maintenant nous passons en revue les œuvres remarquables en bronze qui ontparu aux dernières expositions, nous citerons :

M. Yittoz, qui exposa à Londres une pendule dite « les Heures du Jour, » ornéed’Amours (en'bronze) sur un nuage et reposant sur un socle en marbre blanc. Lestyle Louis XVI y était observé avec beaucoup de goût.

M. Matifat fit remarquer une coupe de vieux Sèvres avec sa belle monture en bronzedoré. Nous avons donné à l'article Céramique un exemple du mélange de porcelaine etde bronze doré qui est assez à la mode, et que Sèvres parait adopter pour les piècesde grande dimension.

M. Y. Paillard avait exposé une grande pendule avec candélabres dorés, style de lafm du règne de Louis XIV , et des flambeaux Louis XY à fût tordu et pied ornéd’écussons.

A l'Exposition de 1855, pour l’application industrielle la plus importante, pour lapendule, il n'y a que peu de travaux à citer en bronze doré ; celui-ci cède la place au

i Destinée à satisfaire les velléités de luxe de bien des modestes fortunes (la division des fortunesest le caractère principal de notre société, celui qui réagit le plus puissamment sur l’art industrielà notre époque), l’industrie des bronzes, se ramifiant dans une infinité de petits ateliers, produitdes pièces d’un goût douteux; le véritable progrès, celui qui, au reste, se réalise chaque jour grâceà l’épuration incessante du goût, consiste àfaire entrer de plus en plus l'art dans la fabrication sanstrop renchérir les produits.