Buch 
Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
Entstehung
Seite
147
JPEG-Download
 

URFEYRER1E.

147

de la mécanique el la prospérité do leur fabrication avaient lait adopter à nos voisins.

A leur exemple, la fabrication française consista surtout dans l'application dorne-ments estampés sur des pièces à contours gracieux.

Au commencement do l'Empire, Auguste, lancien orfèvre de Louis XYI, Odiot, lïien-nais, furent les orfèvres en réputation. Odiot surtout, nommé orfèvre de l'empereur, futchargé de travaux considérables. Nous citerons comme exemple de ses compositions,le berceau du roi de Home, pour lequel il fut aidé par Thomire , et dont les dessinsfurent fournis par Prudhon. Une élégante Yictoire, à demi agenouillée sur un globe,dominait l'arcade du berceau et soutenait sur la tête de l'enfant impérial une couronnedétoiles, d partait la draperie de dentelles qui servait de rideaux. Les génies de laForce et de la Justice étaient debout devant les pieds antérieurs et postérieurs duberceau, formés par des cornes dabondance croisées.

Cette description permet d'apprécier le style de l'Empire dans les (ouvres dart; oncherchait l'imitation de, lantique avec quelque chose de l'inexpérience dune généra-tion qui avait conservé pou de traditions de procédés techniques, dans laquelle lesartistes spéciaux, les ouvriers très-habiles étaient peu nombreux.

Sous la Restauration, la transformation qui tendait à se produire dans tous les artsse fit sentir immédiatement dans lorfèvrerie. On ne faisait plus des imitations delantique, mais on conservait toujours les'souvenirs classiques en cherchant plus deliberté et doriginalité. Fauconnier se distingua surtout à cette époque ; non-seulementil produisit quelques belles œuvres dans le style classique, mais encore ce fut lui quitenta les premières pièces dorfèvrerie dans le style do la Renaissance. Ce fut dans sonatelier que M. liarye fit ses premières études danimaux, genre auquel il a su faireune si grande place. Il forma ses neveux, MM. Fanniere, dont nous allons rencontrerles beaux travaux de ciselure.

Dans ces dernières années, les orfèvres français les plus célèbres furent d'abord :M. Odiot (ils, fidèle en général au goût anglais , à la riche orfèvrerie; M. Lebrun quise distingue par un grand talent de ciseleur; M. Durand, et enfin M. Wagner, qui vinten 1830 remettre en honneur le repoussé, le procédé par excellence de lorfèvreriedart, celui qui lui est tout spécial, et qui avait cédé la place aux procédés plus in-dustriels de la fonte et de l'estampage. Au lieu de se borner à lexécution de piècesutiles, Wagner accusa franchement la tendance des orfèvres de premier ordre àconstituer un art complet, â créer des pièces ayant seulement une valeur artistique.Disons tout de suite que cette voie est périlleuse et que les orfèvres ne doivent jamaisoublier les conditions toutes spéciales qui font de lorfèvrerie un art industriel, ce quine veut pas dire quils 11 e puissent produire des chefs-dœuvre, mais seulement queceux-ci sont d'une nature particulière, d'un autre ordre que ceux de la statuaire. .

E 11 1839 parut pour la première fois à lExposition un grand artiste que la France vient de perdre, M. Froment-Meurice. A une grande valeur personnelle, à un goût sûr .qui le portait à trouver autre chose que limitation des siècles passés, cest--dire,loriginalité et un caiactère propre à notre temps, il joignait les qualités organisatricesqui permettent la production rapide et excellente (exigée aujourd'hui, et qui 11 e peut.s'obtenir que par la réunion des efforts des collaborateurs les plus distingués. Eneffet, aujourdhui, pour les œuvres de premier ordre, le concours des premiersartistes ciseleurs, émailleurs est réclamé par les divers fabricants. Nous donnons ici