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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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AHT INDUSTRIEL.

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A la lin de l'Empire, vers 1815, on commença à orner les bijoux en or mat depetits grains d'or soudés les uns à côté des autres, qu’on appelait le ijrainli. Sous laRestauration, les gros cachets, les chaînes à'grosses mailles, les breloques, les chaînesde montre pour les hommes; pour les femmes des bandeaux, des coiffures, descolliers, etc., en or estampé, furent l’objet du travail des bijoutiers.

Ch. Wagner vint, en 1830, faire sortir la bijouterie française (le la voie uniquementcommerciale, pour lui donner une direction plus artistique. Il importa en France lesnielles qui, accompagnées de ciselures, de dorures et d’émaux, donnèrent des effetsextrêmement heureux. Il fit aussi des sculptures et gravures sur pierres dures très-remarquables, et ramena le goût public vers ces beaux et difficiles travaux.

Froment-Meurice vint, après'Wagner, prendre dans la bijouterie une aussi belleplace que celle qu'il occupa dans l’orfèvrerie. Parmi nombre d’œuvres remarquablesnous citerons le calice d’or du Pape, qui figurait à l’Exposition de Londres . La coupeétait soutenue par des lis, des épis émaillés et des grappes de raisin en perles noires ;sur le fut, « l’Ecce homo; » saint Joseph et la sainte Vierge en relief, séparés pardes émaux représentant la Naissance de Jésus-Christ, la Présentation au temple et leCrucifiement; au pied, les trois Vertus théologales, ciselées en argent et en ronde-bosse, Abraham et Isaac, la manne et la Pâque .

MM. Marel, M. Morel, M. Rudolphi élève de Wagner, ont fait admirer des oeuvresremarquables aux dernières Expositions. Nous parlerons de quelques-unes de cesœuvres et notamment de plusieurs remarquées à l'Exposition de 1853, qui montrerontcombien les procédés sont perfectionnés, combien peut obtenir de beaux résultatsl'artiste capable d'aborder ces riches productions, encouragé par l’exemple de pré-décesseurs qui ont obtenu de beaux succès en réalisant des fantaisies pleines de goûtqui conviennent tout spécialement à la bijouterie.

M. More], qui s’est beaucoup distingué dans la bijouterie d’art, dans ces dernièresannées, avait mis à l’Exposition de Londres une riche série de coupes et de calices enmatières précieuses ornées d’émaux. On remarqua notamment une coupe en agateorientale, dont la garniture en or se composait d'ornements émaillés et d’oiseaux deparadis ; le balustre était orné de chimères émaillées en relief, entourant l'écusson. Lemême artiste a mis à l'Exposition de Paris une magnifique coupe en jaspe, portantdes figures émaillées, Persée délivrant Andromède. On comprend aisément toutesles difficultés d’une œuvre semblable et surtout de l’exécution de personnages enémail. Ce genre est adopté de préférence pour les œuvres de bijouterie (l'art; c’estainsi que Al. Duponehel, aujourd’hui possesseur de la maison fondée par M. Morel,a exposé une coupe en cristal de roche, sur laquelle courent des émaux d'une grandefinesse. Ces œuvres sont charmantes et exigent de l’émailleur un talent incroyable.

Malgré le mérite de bien grandes difficultés vaincues, nous croyons qu'un sem-blable travail dépasse bien souvent le but lorsqu'il se propose l'exécution de person-nages entiers, tandis qu'il donne des effets ravissants quand il vient mélanger l’éclatdes émaux colorés à celui de For, et que ceux-ci viennent se ramifier suivant tousles caprices de la fantaisie. Nous en prendrons pour exemple deux pièces émailléesque nous empruntons à l’exposition de M. Lecointe, l'un de nos plus habiles bijou-tiers (1e Paris , savoir : une broche renaissance et une pendeloque qui rappelle lemoyen âge, qui a quelque chose du style roman.