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ART INDUSTRIEL.
que c’est surtout à la typographie que peut s’appliquer le plus complètement l’obser-vation que nous avons faite en commençant sur l’utilité fréquente, dans l’industrie, del’imitation des modèles fournis par les anciens styles, pour des (ouvres relatives àdes idées qui ont passionné les siècles passés. La typographie, reproduisant surtoutles chefs-d’œuvre des anciens, ne peut employer pour les décorer convenablementque des ornements appartenant à l’époque de leur production, afin que les ornementssoient toujours en rapport avec le texte de l’ouvrage.
11 est douteux que l'opération consistant à graver sur acier ce vaste ensembleait des résultats avantageux au point de vue lucratif et que ce soit une œuvre qui[misse se faire rapidement avec les ressources de la seule exploitation commerciale ;mais son intérêt n’en est pas moins considérable, tant parce qu’elle fournit la seulebase logique de la belle ornementation de la typographie, que parce qu’elle permetsurtout de vulgariser à l’infini les éléments essentiels de tout genre d’ornementationpropres à être utilisés également dans toutes les Inanches du travail industriel.Nous en donnerons des exemples tant par des gravures spéciales qu’en empruntantà la Fonderie générale, qui a entrepris la réalisation de ce projet, les types de quelquesgenres principaux.
Nous traiterons surtout ici des vignettes ne rappelant pas d’objet déterminé et dontl’élégance est facilement sentie grâce à la répétition qui est une condition presqueconstante de l'ornementation industrielle, et rarement de quelques motifs fournispar des imitations de formes naturelles très-simples, qui, dans certains styles,constituent toute l’ornementation. Ainsi, dans la décoration du style ogival, lasculpture reproduit les végétaux de nos pays, et surtout le lierre, la vigne vierge; denos jours, l’emploi des rameaux, des fougères, des Heurs et des fruits a été souventmultiplié comme se prêtant à de gracieux motifs. Au point de vue spécial de latypographie, pour les encadrements, aussi bien que pour l’architecture, ils convien-nent en général moins bien que ceux formés par des lignes combinées avec desœuvres qui tirent leur charme de l’harmonie de leurs proportions.
Pour ce qui est des sources où l’on peut trouver des types suffisamment authen-tiques, c’est surtout dans les œuvres des graveurs que l’on doit les chercher lorsqu’ils’agit d’époques qui ne sont pas.très-éloignées de nous. Pour les époques antérieures,c’est dans les décorations de l’architecture, dans les produits d’art du temps qu’ilfaut les chercher, comme dans les vases étrusques pour le style grec, dans les orne-ments peints des momies égyptiennes pour le style égyptien.
STYLE ÉGYPTIEN.
Nous avons donné déjà les ornements des colonnes les plus riches que cet art aitproduit. Nous ajoutons ici des exemples de répétitions de palmes, de feuilles et de