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c’est ainsi qu'ont été produites les n‘livres des maîtres; c’est dans leurs travaux quepeut se reconnaître l'avantage de l'emploi bien entendu des lignes de grande courburepour reproduire de la manière la plus satisfaisante des corps de toute forme, par unmode de représentation mieux saisissable que tout autre et qui assurera toujours lasupériorité des œuvres bien comprises sur les plus admirables résultats de la photo-graphie et autres procédés qui ne peuvent fournir que des teintes *.
Les moyens d’obtenir des gravures rentrant dans Tune ou l'autre des séries ci-dessus indiquées sont nombreux ; nous n'avons pas à nous y arrêter longuement.Nous citerons dans la première catégorie la gravure à la manière noire, et dans laseconde la gravure numismatique, qui otl're de si curieux résultats par la projectiondes lignes courbes successives de la surface à représenter, coupée par des plansparallèles; mode de représentation moins parfait que celui que peut donner l’emploides lignes de grande courbure, mais cependant bien remarquable.
La gravure sur cylindres, base delà belle industrie des toiles peintes, doit êtrecitée ici, car ses produits, si remarquables au point de vue des procédés techniquesemployés, ont souvent une valeur artistique qui est loin d’être négligeable.
La lithographie est venue, dans ces dernières années, fournir un moyen simple etfacile de multiplication des dessins, en offrant cet avantage que c’est l’original même,le travail de l'artiste qui est déposé sur la pierre, et que l'impression rend directe-ment, sans passer par l'intermédiaire d'un traducteur souvent peu fidèle.
Disons toutefois que la lithographie, dont les dessins ne peuvent être tracés surpierre qu'avec un crayon gras et mou, dont les noirs sont d’une apparence grenue,ne convient pas pour les travaux qui demandent une grande netteté, une grandeprécision, et 11e peut présenter que des etfets de la nature de l'estompe. La gravure encreux sur pierre est venue, sous ce rapport, au secours de la lithographie.
Un peut dire que l'extrême facilité de la reproduction du dessin sur pierre a faitremplacer par celle-ci, pour les œuvres communes, la gravure au burin réservéeaujourd’hui aux œuvres d’art pour lesquelles on recherche la pureté des lignes. Lalithographie est, de nos jours, un moyen puissant de vulgarisation des œuvresd’art sur une échelle très-étendue et doit avoir une bien heureuse iniluence surl’éducation générale du public en fait d’art. Malheureusement cette action ne peutêtre qu’élémentaire, 11e peut dépasser des sphères assez peu élevées, à cause de ladiiliculté d’exécution par les procédés de la lithographie des œuvres artistiques d'unegrande valeur.
La lithographie à deux teintes appliquée, dans ces dernières années, à des sujetsde genre, à des études de fantaisie, produit des effets séduisants, en rehaussantsingulièrement l’éclat de la lumière. Nous verrons bientôt ces effets considérablementaccrus par remploi des couleurs.
1 A la renaissance, Albert Durer, Lucas Kilian, en Allemagne , publièrent des gravures admira-bles. L’Italie offre l’œuvre de Marc-Antoine Itaimondi, qui, guidé par Raphaël, produisit des chefs-d’œuvre. Si la France entra plus tard dans la lice, elle produisit beaucoup de célèbres graveursen taille-douce : Callot, Audran, Bervic , qui, par la grandeur de ses lignes, rappelle bien le sièclede Louis XIV auquel il appartient; Nanteuil, Cochin, Duret, etc., et, de nos jours, Desnoyers,Forster, Calamatta, Henriquel Dupont , etc. En Angleterre, Finden, Lekeux ont dans ces dernièresannées brillé par l’exécution de vignettes d’une grande finesse.