COLORATION. 211
gravures ci-jointes : le dessin était en général clair sur tond noir ou coloré. Les
mosaïques, destinées tant aux planchers qu’à orner les murs des appartements, seront
étudiées dans la section suivante, dans laquelle nous traitons des juxta-positionsd’éléments colorés.
2" Dans le style hyzantin-ronian : la répétition des petits ornements de couleursdiverses était, avec les tonds bleu d’azur et d’or et les carreaux émaillés, le grandmoyen de décoration. La pointure à la fresque y tenait aussi une place importante.
Le goiït d’un autre genre de décoration se mêla, au vm*‘siècle, à celui de la peinturequi, jusque-là, couvrait les voûtes. Luire les années 028 et Dagobert, ayantordonné la reconstruction de l’église de Saint-Denis , s’abstint de faire peindre l'inté-rieur de cetédiiice; on couvrit les murailles et même les colonnes de draperies (issuesd'or et brodées de perles, et ce genre de décoration devint de plus en plus commundans les églises de France , au grand préjudice de la peinture 1 .
3" Le style gothique ogival avait gardé, du style roman, la coloration d’azur desvoûtes des églises; mais, comme nous l’avons déjà dit, c’était surtout le sculpteur surbois qui décorait les chœurs par ses riches produits.
-i" A la renaissance, la peinture à la fresque vint se multiplier sur les murs deséglises, et tous les grands noms de cette brillante époque ont produit des chefs-d’œuvre plus directement liés à la décoration des édifices que ne peut l'être lapeinture à l'huile, de dimensions généralement moindres. 11 nous subira, pour lerappeler, de citer le Jugement dernier peint par Michel-Ange dans la chapelle Sixtine.
Dans un ordre plus voisin de la tendance laïque de l'art moderne, nous rappelleronsles célèbres décorations du Vatican citées plus haut, dues à Raphaël , qui sont restéesle type harmonieux de ce genre de décorations, encore usité dans les habitationsriches de l’Italie .
L'étude de l’application directe du travail d'un artiste plus ou moins éminent,excéderait les limites de notre cadre; nous dirons seulement qu'à l’exemple du maî-tre, la décoration doit le plus souvent se borner à de simples arabesques. Dans lesdécorations de grand luxe, ce sont des sujets gracieux rehaussés de peu de couleurqui doivent former la hase de semblables décorations. Nous donnons un panneau duVatican , modèle de ce genre raphaëlesque.