COLORATION.
2 - 2 !
parties ipii doivent donner des couleurs différentes (après avoir reporté le dessinprincipal, tracé sur une première pierre) a rendu l’emploi de la lithographie bien plusfréquent que celui de tous les autres procédés, pour obtenir des impressions encouleur. Cette facilité pour obtenir un dessin colorié en 20, 30, 50 couleurs et tonsdifférents, a fait tenter en lithographie* des œuvres remarquables, et fait naître denombreuses tentatives d'imitation îles œuvres d’art. Nous avons fait apprécier aucommencement de ce chapitre pourquoi de semblables tentatives ne pouvaient réussircomplètement; mais la chromo-lithographie n'en a pas moins un rôle très-important-à remplir dans l’industrie pour remplacer l'enluminure, et vulgariser des œuvres oùl’emploi déjà étendu des couleurs habitue l'œil à en sentir l'harmonie. Des imitationsde petits tableaux obtenues à l'aide de la lithographie ont paru dans ces dernierstemps et ne manquent certainement pas d'intérêt, surtout quand le travail est- terminépar l’impression à l’aide d’une pierre gravée à l’acide, dont la surface n’est plus plate,ce qui donne au produit en partie l'aspect de véritables peintures, condition à laquellesatisfont, les œuvres dont nous allons parler.
Taille-douce. —Dans ces derniers temps on est parvenu à obtenir, à l'aide del'impression en taille-douce, des impressions en couleurs légères, des aquarelles d'unadmirable éclat, supérieures à ce qui avait été tenté antérieurement. La gravureen creux qui permet, (1e varier les épaisseurs des couleurs et a sous ce rapportune supériorité réelle sur les deux procédés ci-dessus, qui ne peuvent employer danstous les cas qu'une même épaisseur do couleur, parait tout à fait propre aux effets demodification des couleurs par transparence, par superposition des teintes, commeaussi pour permettre l'imitation du grain du papier, de la toile, dans des imi-tations curieuses de peinture à l'huile, par une dernière impression d'une surfacegrenue.
Le procédé dû à M. Dujardin, perfectionnement de tous les essais analogues tentésà l’aide de la taille doua*, repose sur une donnée logique et extrêmement remar-quable. Il n’obtient pas ses impressions à l'aide d'un nombre infini de planches,ce qui ferait de la difficulté vaincue une œuvre de patience seulement; il n’emploie engénéral que i planches pour déposer les couleurs primitives et former les couleurscomposées par transparence, c’est-à-dire dans l'ordre suivant :
1° Le jaune pour toutes les parlies qui doivent rester jaunes, et celles composées dejaune et d’une autre couleur, les verts, les orangés;
2" Le bleu qui donne les bleus, les verts par superposition sur le jaune, et cela dansdes tons variables en raison de l’épaisseur du bleu;
. 3° Le brun qui donne les ombres, les contours;
i" Enfin, le rouge qui donne les rouges, les violets, et par lequel on finit, parce quecette couleur possède l'éclat qui donne une apparence artistique à une œuvre.
Ces couleurs sont en général suffisantes pour lutter avec l'enluminure à la main, caron arrive avec i planches seulement (deux ronges et deux bruns par exemple), ou toutau plus avec 5 ou 6, à des effets très-remarquables. Toutefois il faut bien dire que,pour atteindre ces résultats, l'intervention d’un graveur et d'un imprimeur habiledont le travail a quelque chose d’artistique, bien éloigné de l’exécution purementmécanique, est indispensable.