AVEC LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Cíîap. m. 5 g 5instituer cette Miiice, ce fut le caractère lâche, perfide & efféminé qu’u *ne longue servitude avoic rendu naturel aux Egyptiens, deforte qu’ilsn e-toient nullement propres à la guerre. Ces Esclaves faisoient d’exceliensSoldats, parceque n’ayan c ni parens ni amis que leurs compagnons, ilss’appliquoient tout entiers à leur profession, n’ayant d’autre espérance quede parvenir à des emplois militaires, qui n’étoient donnés qu’au mérite.Quand un Sultan venoic à mourir, on choisissoit son Successeur parmi lesOfficiers du premier rang (a). On dìroit que le Gouvernement Mili-taire, si bien réglé, & appuyé fur un fondement si solide, auroit dû sub-sister Iongtems; cependant au bouc de cent-trence ans il s’anéantit auíUbrusquement qu’il s’étoit formé , par une mauvaise politique d’autancmoins excusable, que sexpérience les avoít instruits à cet égard dans lasédition même qui d’esclaves les avoit rendus Souverains. Comme ils nefaisoient qu’une petite partie des Troupes réglées des Rois d’Egyptc,&qu’ilfalloit toujours avoir fur pied une nombreuse armée, dans un Pays oùla premiere maxime du Gouvernement étoit, que tous les naturels dé-voient être esclaves, iís furent embarrassés, parcequ’ils nepouvoient sefier aux Troupes qui avoient servi avant la révolution ; ils íe déterminè-rent donc à acheter des enfans Chrétiens, pour les élever dans la mêmediscipline, qui avoit été la source de leur fortune (*). Jusques-là ils agi-rent prudemment, mais en voulant raffiner, ce qui devoit servir à leurfureté, devint l’instrument de leur ruine. On achetoit communément cesenfans en Circaffie de leurs propres parens, qui se disoient Chrétiens, maisqui par cet infâme trafic faisoient voir que leur foi n’avoit gueres d’in-stuence fur leurs mœurs; & ce qui est bien plus étrange, c’est que lesEmpereurs de Constantinople firent un Traité avec les Mamelucs, par le-quel ils leur permetcoienc d’envoyer tous les ans un ou deux vaisseauxdans la Mer Noire pour faire ce commerce & enlever ces malheureuxenfans (b). Quand ils étoient bien formés aux armes, & en état de ser-vir , on les mettoit dans toutes les Forteresses que l’on avoit élevées pourtenir les habitans en bride, & on les appella Borgnes, parceque cesEortsRappellent Borge dans leur Langue. Les ManteJucs crurent par cette po-
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(a) Pocockiì Supplem. Hiíì. Dynast.p. 9. (P) Iluet ubi sap. p. 428.
m T p Lecteur doit se souvenir que nous n’avons dessein dans le texte, que de lier les ré-t I. Le ,3p r e commerce avec l’Histoire des Peuples entre les mains desouelsil passa, &volutions de « n ous parlons des Maroelucs. C’étoiem des gens turbu-
c’est par cctN ^ , 1 Tre au ácdms ou au dehors, & jaloux an suprême degré
lens, presque tqujou 6 pen< jant qu’ils furent maîtres de l’Egypte, le Commerce des
des Etrangers; ueiorte q 1 e solls ] es Princes de la famille deSaladin; cependantIndes rapporta beaucoup m 1 dg j a même maniéré qu’on le fit dans la fuite &il se faisoit de leur te “® “ P P f des profits prodigieux par le débit des marchan-
drses qu ils acrietoient m FIandres . îiz portoient ensuite en retour les productionsd” tousses pays, dont plusieurs, après avoir été travaillées, se répondent ÛaflS les lieuxd’oi°elles étoient venues (i>
(1) Vtritsol semer. Mundi, C, XXVI,
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