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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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Szcristi*

XVL

Gouverne-

ment deCeylon,ère.

Hìfloire dM. Vuift

r CONQUÊTES, ÉTABLISSEMENS &c. DES HOLLANDOIS "exemples, il suffira de parler des deux derniers, qui ont fait beaucoup debruit en Europe. Les mouvemens qu'il ya eus ayant été causés par la tyran-nie de deux Gouverneurs consécutifs, dont lun se nommoit Fui fl & lautreVerjluys. En voici le précis.

Aussitôt que M. Rumpf, Gouverneur de Ceylon, en fut parti, Vuift sonsuccesseur commença à agir en barbare envers tous ceux qui neurent pas le'bonheur de lui plaire. II persécuta les Européens aussi bien que les Indiens.

' Comme il rouioit dans fa tête le grand dessein de se rendre Souverain, ilcrut devoir se défaire principalement des riches, & de ceux qui étoientcíaírvoyans & bien intentionnés. Pour sauver les apparences de la Justice,il leur intenta action fous prétexte dune conspiration formée pour livrer lesprincipales places à quelque Puissance Etrangère. Ce plan lui servoit à unedouble fin, premierement il faisoit paroître un grand zele pour le servicede la Compagnie, & en second lieu il trouvoit moyen de rendre coupablesde haute trahison ceux quil haïffoit, & de leur faire perdre en même temsles biens & la vie. Pour parvenir plus sûrement à son but, il changea sonConseil, <& y fit entrer des personnes qui lui étoient entierement dévouées,& auxquelìes il pouvoir se fier. La confiscation des biens da plusieurs inno-cens condamnés & exécutés, le mit en état de sattacher ses créatures parde grands bienfaits & par des présens. Ce nouveau Catilina étoit auxIndes de parens Hollandois. II avoit de sétude <k de la capacité. Son airsombre & sa phisionomie marquoìent un caractère porté à la cruauté , &cette dureté de cœur qui le distinguoit des autres hommes. II aimoit &protégeoit beaucoup les Indiens, soit par inclination parcequils étoient sescompatriotes, soit quil les crût moins habiles à pénétrer lès desseins , oumoins portés à les traverser. Pour les gagner entierement il les préféra tou-tes les fois quil sagissoit de remplir quelque Charge dans le ressort de sonGouvernement, malgré les défenses réitérées de la Compagnie, qui lui or-donnoit de donner les principaux Postes dans cette Iíle aux Hollandois ou àdautres Européens. II conduisit son dessein pendant longtems avec beau-coup dadresse, se faisant à force de présens & par dautres artifices un pré-di-

re toute paiticuliere de veillera fa conservation Cest dans cette vue qu'on a eu íb'ncimenter lautorité du Gouverneur en ce qui regarde fa correspondance avec les Directeuïcn Hollande; èt dun autre côté de la borner par rapport aux places qui sont dans lérandue de son Gouvernement, Morte que lefpérance & h crainte concourent également álut faire remplir exactement les devoirs d une Charge, qui assez ordinairement est un paspour parvenir au Généralat des Indes. A tout événement un Gouverneur a en main lesmoyens damasser en peu de tems des biens immenses, fans courir ie moindre risque- cir-constance tres-propre à faire un grand effet sor lefprit dun homme qui a envie re.tourner daus fa Patrie, & de finir ses jours en Hollande ; mais qui ne peut faire beaucoup dimpteffion fur un autre qui na jamais été en Europe, ni na envie dy venir (i)Ce dernier doit naturellement envisager ies objets fous un autre point de vue & sentirbeaucóup de répugnance à quitter la splendeur & lautorité dont il a été revêtu- il nestdonc pas surprenant quil songe aux moyens de sen assurer; car- ost est le trésorest le cœur. '

(i) Expédition de trois Vaisseaux, T. II. p. 127,