DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. VII. 3
digieux nombre à<t créatures, qui étoient disposés à le seconder dans les plus Sëctioisnoirs attentats (a). , XVI *
II ne put cependant si bien faire qu’il ne donnât des soupçons à quel-ques fidèles Serviteurs de la Compagnie, qui envoyerent en Hollande des Ce ” lonjinformations fi claires fur fa conduite, qu’on n’eut pas de peine à pénétrerses vues, quelque artifîcieusement qu’il tâchât de les déguiser. Les Direc-teurs envoyerent à Ceylon M. Verjluys pour lui succéder, & firent mener "
Vuifì à Eatavia-pour y rendre compte de sa conduite. Aussitôt qu’il y fut ff mm uarrivé, on l’accusa d’un grand nombre de crimes publics & particuliers : le imiritoit.Conseil de Justice fit faire les informations les plus exactes, & eut foin dese munir des preuves nécessaires. Après plusieurs interrogatoires & exa-mens , il avoua lui-même qu’il avoit fait mourir de la maniéré la plus cruel-le dix-neuf personnes innocentes, & que pour que ces exécutions eussentquelque apparence de Justice, il avoit fait appliquer ces personnes à la tor-ture , où par la force des tourmens il leur avoit fait avouer d’avoir com-mis des crimes qui ne leur étoient jamais venus en pensée. Des crimes íìatroces méritoient certainement les supplices les plus rigoureux que les Loixpuissent infliger: aussi fa sentence portoit, qu’il seroit écartelé tout vif, lesquatre parties de son corps ensuite mises fur un bûcher & brûlées, les cendresramassées & mises dans un tonneau qui seroit jette dans la mer ; ce qui futexécuté quelques jours après la sentence prononcée (/;).
Verjluys , successeur de Vuifì , gouverna aussi despotiquement que lui , Mauvaiseguidé par l’avarice plutôt que par l’ambition. Moins cruel que Vuiji il ne conduitefit mourir personne, mais fans prétendre à la possession du Pays il aspira íf u V s er seà en engloutir toutes les richesses. 11 ne se vit pas plutôt établi dans son Poste,qu’il fit mettre un fi haut prix au riz, dont les habitans se servent au-lieude pain, que la plupart se virent hors d’état d’en acheter, desorte qu’ils é-toient presque réduits à mourir de faim. Les représentations humbles &réitérées quils tirent au Gouverneur ne servirent de rien, «St les choses al-lèrent toujours de mal en pis, jusqu a ce qu’oh en fut enfin informé enHollande (c). Les Etats-Généraux eurent égard aux plaintes des pauvreshabitans, & envoyerent dans l’Ifle de Ceylon un autre Gouverneur nom-mé Doemburg , avec des ordres très-exprès de remédier aux abus, déménagerles sujets de la Compagnie, & de les traiter avec douceur, afin de les con-vaincre que leurs griefs ne venoient que de la méchanceté d’un particulier, &nullement de la disposition des Souverains à l’oppression.
M. Doemburg à son arrivée dans rifle de Ceylon trouva bien des obsta- j/ e st ar*clés: Versluys refusa absolument de lui résigner le Gouvernement, & il eut rêté.l’insolence de faire tirer sur les Vaisseaux de la Compagnie qui venoient d’ar-river à la rade de Colombo. Mais toutes ses oppositions furent vaines &inutiles. M. Doemburg prit terre, & fut reconnu de tous ceux qui étoientau service de la Compagnie & des habitans. II fit arrêter Verjluys , & ren-voya prisonnier à Batavia : il y eut de longues procédures contre lui, qui
k 1 ) £ XpéditÎ0n &C. T. II. p. 126, 127.G) ‘■dent ibid. p. 125, 129.
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