Buch 
22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
Seite
6
JPEG-Download
 

6 CONQUETES, ÉTABLÍSSEMENS &c. DES IïOLLANDOISSection auíîì un grand Commerce de iìiuiìe quon tire de cette ecorce, qui est deXVI. grand prix. Elle fait aiuìi un trafic considérable en toutes sortes de Pierresprécieuses qui se trouvent dans cette Iíle, comme des Rubis, des SaphirsCeylon, blancs & bléux, des Topases &c. (a) (*). Elle a auíîi établi entre Manarfifc. ' L

Ça) Expédition de trois Vaisseaux, T. II, p, 4.1.

rétablissent au' bout de quelques années, & peuvent fournir une nouvelle récolte; maisles plus habiles Auteurs disent le contraire: quand on a une fois dépouillé un arbre, onle coupe par le pied, & en quelques années il en fort de jeunes rejetions, dont on peutensuite tirer lécorce (1). Ces arbres fe multiplient auíîì par le fruit, & comme ils vien-nent des deux maniérés avec très-peu de foin, les Bois de Canefers deviendroient trcs-vastes, 6 la Compagnie 11e Jes tenoit dans de certaines bornes pour son intérêt. Le foinde la canelle est entierement entre les mains d'un ordre particulier de gens, nommésChìalias, qui font encore fous-divisés en quatre Castes ou Tribus. Les premiers font lesCoronde-ííitlais , ce font proprement ceux qui tirent la seconde écorce des branches de Par.bre, & la mettent à Pair pour sécher & se rouler. Ensuite viennent les Coulis , qui sontproprement les porteurs; quand la canelle est préparée ils la portent en paquets du cô- de la mer, d on la transporte à Negombo, elle est mise en uiagazin, après quouen a fait des especcs de fagots , & quon la pesée. Les Lajcarins font les Soldats qui gar-dent les ouvriers pendant qu'ils travaillent, & les llandarias assortissent la canelle, la lient,& font dautres services nécessaires, que demande cette épicerie. Ils ont tous leurs pro-pres Officiers, qui font sous la direction dun Commandant en ChefHollandois; chaquefamille a une maison & des terres pour rendre ce service à la Compagnie. On recueille lacanelle dans les mois de Juin, de Juillet & dAoût, selon que la saison est plus ou moinsfavorable, & la récolte dure ordinairement trois semaines ou un mois, on en recueille Punportant lautré un million de livres par an (2),

(?) Sil faut scn rapporter au témoignage de plufieurs personnes dignes de foi qui ontdemeuré longtems á Ceylon, & qui se font instruits parfaitement des productions de cet-te Isle, il ny a pas de Pays au Monde qui la surpasse en richeiïes naturelles. 11 y a desMines de différens métaux; dans une montagne qui nest pas loin de la Capitale, il y enaune dor, à laquelle PEmpereur ne veut pas quon travaille. A légard des Pierres pré-cieuses on les trouve quelquefois dans la terre, mais plus souvent dans les Rivières & lesruisseaux, qui descendent avec rapidité des montagnes au milieu de Piste: on en trouve dequatre efpeces, toutes très-belles dans leur forte , & de grand prix. Premierement desRubis, qui ne se trouvent nulle part ailleurs dans les Indes, excepté au Pégu ; dhabilesConnoisseurs préfèrent ces derniers à ceux de Ceylon, pendant que dautres non moinshabiles donnent la préférence à ceux de Ceylon. Tout bien pesé, il se trouve queles lins& les autres ont raison. Les Rubis du Pégu sont en général plus nets & plus parfaits queceux de Ceylon, mais plus petits; & parmi les gros Rubis de Ceylon il sen trouve dauíïïnets, dauffi parfaits que ceux du Pégu, ct qui font par conséquent dune plus grande va-leur (3). lin second lieu il y a des Saphirs blancs & bleux, parmi lesquels on en volt defort gros, fans veines, sort durs, & qui sont très-eslimés. En troisième lieu les Topasesde Ceylon font les plus belles ct les plus tines de toutes les Indes. Enfin il y a des íhix<le chats dune grande beauté, & très estimés pour le surprenant mélange de couleurs vi-ves quils offrent aux yeux fans être taillés ni polis (4). De bons Auteurs ajoutent desDiamans, mais ils fe trompent; 1 c fait est que les Insulaires font plus habiles fur Partielsdes Pierres précieuses que les Européens, & quils savent si bien blanchir les Saphirs & lesTopases, quils les vendent à des Etrangers moins connoisseurs queux pour des Diamans.On dit que PEmpereur défend à fes sujets de vendre de ces Pierres précieuses aux Ploilan-dois; ils trouvent pourtant moyen den avoir, & même dune grande valeur (5).

(1) 1 (ihjrt, Hist. de Ceylon, p. :r. Mém. duDr. Garcia.

(2) Dict.de Coitim. Vol.I. Col. 1126.

(3 ) Tavernier , ï, il. C. IX. Ch. 19- \ibeyr»

1- r. P. i«3.

(4) T. I. fol. 3 - 3 . 7 \ibtyrf , I, c, p.

, Ijs.

(5) Alem. du Pi, Ganh.