SíCTros
XX.
Couver-nement íluCap deBonne-Espéra ii-ce.
Abondan-ce de pro-vidons auCap.
Ce, P ay a-bandmnédçs Portu-gais àAnglois,6? long-teins négli-gé fecHol-îandois.
20 CONQUETES, ÉTABLISSEMENS &c. DES HOLLANDOIS
que la Compagnie poíTede, bien-que les profits qu’elle en tire ne soient paícomparables à ceux qui lui reviennent de certaines Isles dans les Indes ; &dans les premiers tems c’étoit bien pis encore, les dépenses excédant de beau-coup les revenus (a). Cependant elle ne sauroit se passer de ce poste, à cau-se de ses Vaisseaux qui vont aux Indes & qui en reviennent, le Cap étantle seul endroit où ils peuvent relâcher, pour s’y pourvoir d’eau & d’autresrafraîchissemens nécessaires pour la continuation de leur voyage. Les mala-des , & sur-tout ceux qui sont attaqués du scorbut, trouvent-là dequoi se réta-blir, ou du-moins de se procurer de grands soulagemens.
II y a une si grande abondance de toutes fortes de provisions, nonobstantle grand abord de Vaisseaux de tout Pays qui vont aux Indes ou qui en re-viennent , qu’eJles n’y font jamais rares, & que l’on peut toujours les avoirà un prix très-raisonnable. Pour concevoir toute l’importance de cette pla?ce, il faut observer que l’on compte jusqu’à quarante Navires qui y abor-dent par an, venant de la Hollande feule, fur lesquels il ne peut y avoirgueres moins de huit ou neuf-mille âmes (b). Ceux qui y arrivent pen-dant une année, venant des Indes, font au nomre de trente-six, ayant entout à bord environ trois-mille personnes, fans parler des Vaisseaux étran-gers qui y relâchent également. Si l’on fait attention que tous ces Navi-res s’y pourvoyént de toutes fortes de vivres , il faut que la quantité ysoit prodigieuse. Ce n’est pas tout, ces Vaisseaux ne se contentent pasd’y relâcher, pour remettre d’abord à ia voile, mais ils y demeurent quel-que tems, desorte que la rade n’est jamais sans Vaisseaux, hormis dans lesmois de Mai, de Juin & de Juillet, parceque c’est la saison la plus dange-reuse à cause des vents de Nord-Ouëst, qui y soufflent avec violence (c).
Comme le Cap est situé en Afrique, la description du Pays appartient àun autre article; nous nous bornerons donc ici à ce qui concerne le Port àle Gouvernement de la Compagnie, Mais il faut remarquer auparavant ,que les Portugais & les Anglois ont regardé ce Pays comme ne valant pasla peine d’être gardé, & que les Hollandois mêmes l’ont eu pendant cinquan-te ans avant que de penser à le faire valoir (*j. S’ils changèrent, de sen-
(a) Expédition &c. 1 , c. p. 168. (A) Ibid. p. 170. (c) Ibid.
n’y avoient point d’Etablisseinent; & ce qu’il dit ici est démenti par ce qu’il rapporte lui-mâ-mê dans ia fuite, R 2 m. do Tr a d.
(*) II y a ea quelque chose de si singulier dans la fortune de ce Pays, que nous croyonsfaire plaisir au Lecteur, en développant ce que nous disons clans le texte. On a vu ail-leurs qu e Bfirthelemi Dia», célébré Navigateur Portugais , fut le premier qui doubla ceCap en 1493. &' qu'd l’appella le Cap des Tourmentes , nom auquei Jean II. Roi de Por-tugal substitua celui de Cap dr Bonnc-Efpérance . Ses Suiets firent sans-doute une faute ca-pitale, qu’ils ont payée bien cher, de n’y pas faire un bon Etablissement , qui suroît étéil’une grande importance pour ceux qu’ils avoient aux Indes. Au-lieu de cela il s furenttoujours aux prises avec les Naturels, qu’ils détru!soient, les représentant comme les Sau-vages les plus méprisables. les plus cruels & les plus perfides de tout le Monde : ils nejnéritoient certainement point d’être caractérisés de cette façon , ct le procédé des Portu-gais leur donna il mauvaise opinion des Blancs, qu’Us les regardoient avec horreur (1).
(ij Kt'M , Dcscript, da Cap, t. I. p. 1?s 2I , ®° US