DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. VII. 29
Gouvernement de la Compagnie, que la Place de Conseiller des Indes soit Sectionmoins lucrative que celle de Directeur ou de Gouverneur, l’honneur & le XXII.rang qu elle donne engagent ceux qui occupent des Postes plus profitables Dir ec-à y aspirer. Car il n’est pas rare aux Indes, qu’un Gouverneur ou un Di- Com^frecteur amasse dans quelques années des richesses qui égalent le premier deurs. aa "
fond de la Compagnie, savoir la somme de six millions & demi de florins ( a ). . ..
On fait que MM. Dishoek, Heìlmans , Zwaardecroon , Fatras & van Cìton,ont fait des fortunes immenses. II y a aussi à Batavia quelques Postes silucratifs, que les premiers Marchands, qui en font ordinairement revêtus,aiment mieux les garder que de devenir Conseillers des Indes, puisque l’hon-neur à part, ces derniers ont peu ou point d'occasion de s’enrichir, &queleurs appointemens ne font pas comparables aux profits du Sabandar ou Di-recteur de la Douane, du Fiscal de mer, du Drossard du plat-pays, & daCommissaire - général ; toutes ces Places rapportent des sommes considé-rables (b).
Pendant longtems , le Pays de Coromandel étant partagé en un grand Etat pré-nombre de Principautés, ces petits Princes mettoient de si grands droits ,sent&im-& incommodoient tellement le Commerce des Hollandois, que ceux-ci en sortancesouffraient; après la guerre de Golconde, qui coûta beaucoup à la Compa- ^J^idgnie, mais qui finit à son avantage, ces Princes sont devenus plus traitables. s y /à 'Aujourd’hui les Rois de Bisnagar & de Narlingue, qui sont les deux plus'puissans, vivent en bonne intelligence avec la Compagnie & les autres Eu-ropéens (*). Elle tire de ce Pays-là du coton, des mousselines, des chit-ses, & autres toiles, & y envoye en échange des épiceries, du cuivre duJapon, de l’étain, de for, du bois de Bandai & de Sianpan. LesHabitanssont ou Idolâtres, ou Mahométans & Chrétiens. Pendant la mousson del’Est il fait ici une chaleur excessive ; cependant le Pays ne laisse pas d’étreassez fertile en toutes fortes de vivres, comme du riz, des fruits, des her-bes , & en tout ce qui est nécessaire à la vie (c). Les marchandises qui fefabriquent ici sont toutes envoyées à Batavia, d’où on les transporte ensuite
en
(a) Expédition &c. T. II. p. 176. (c) Expédition ôcc. T. II. p. 178°
QP) Voy. tle De Craaf, p. 300, 301.
(*) Par l’heureux succès de la guerre dont il est parlé dan» le texte, les Hollandois sesont non seulement délivrés des vexations auxquelles ils étoient exposés par i’ambition,l’injustice ou le caprice du Roi de Golconde, mais ils ont obtenu plusieurs privilèges,dont ils jouissent encore. bien-que le Pays obéisse à présent au Mogol. Le premier estqu’aucun Marchand du Pays avec lequel ils font en Commerce, ne peut être inquiettéen fa personne & en ses biens, que la Compagnie n’ait été satisfaite de ce qu’elie a àprétendre de lui. Le second, que tous les Tisserands, Peintres & autres ouvriers quitravaillent pour la Compagnie, ne peuvent être contraints d’entreprendre aucun ouvra-ge, jusqu’à ce qu’ils ayent rempli leurs engagemens avec elle. Enfin qu’elle peut employertels Courtiers qu’il lui plait & non ceux du Gouvernement ou des Rajahs. D’ailleurs lesHollandois jouissent en commun avec les autres Européens de l’exemption du droit qu otaappelle Chappa-dellala , pour marquer leurs toiles, que les Habitans du Pays sont obligésde payer & qui monte à douze pour cent (1). -
(1) Mém. fui ie Comraeice des Holiaiuiois ,*p. 267. Dicfcionn. de Commerce. Vol. I.
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