SïffstOHXXII.Direc-tions &'Comman-deurs.
Comman-deur deSama-rang.
3<5 CONQUETES, ÉTABLISSEMENS &c. DES HOLLANDOÏSest attachée à une certaine Tribu ou Caste, ainsi qu’ils parient.. Ceux quitrafiquent font divisés en quatre Tribus ; les Chittays ou les Marchands quifont Commerce en toutes sortes de drogues, en toiles & autres manufactu •. res, & qui font quelquefois aussi intéressés à des Vaisseaux. Les Caver-Chit-t ays font- ceux qui négocient en or, en argent & e n d’autres métaux, dontils f ont fépreuve avec beaucoup d’habileté. Les Comstì-Chhiays font les Mar-chands de grains, d’herbes, de racines & d’autres provisions. Les Vaììgi-Chittays trafiquent en joyaux, cristaux, bijoux de leur propre fabrique, &entoutes forces- de minéraux. Chacune de ces Castes vit à part, elles ne Pal-lient point, & ceux qui en font ne mangent & ne boivent même jamais en-semble ; ce qui s’observe aussi inviolablement dans les Castes des autres pro-fessions, enforte que de pere en fils les métiers <Sc les professions fe transmet-tent. Quelques Auteurs disent, qu’il y a aussi un Commandeur à Jafanapat-nam dans la même Iste ; mais si cela a eu lieu autrefois, ou si cela subsiste en-core, c’est ce que nous ne pouvons décider (a) (*)..
Le troisième Commandeur réside à Samarang dans l’ísie de Java, qui està soixante-huit-milles de Batavia : c’est une des villes les plus considérables deflsle , agréablement située dans une belle & fertile plaine ; une grande Ri-vière, qui porte de petits Bâtimens, la traverse. On y compte au moinsvingt-mille maisons. La Factorie des Hollandois est grande & commodele Fort bien fortifié, où il y a toujours une bonne Garnison. C’est du Com-mandeur que dépendent tous les Comptoirs établis fur les Côtes de Java. IIs’y fait un grand Commerce, tant avec les Chinois, qui y viennent en fou-le, qu’avec les Insulaires de Java, qui y apportent continuellement beaucoupde provisions <Sc de marchandises. C’est de-là que lès Hollandois correspon-dent avec VEmpereur de Java, qui tient sa .Cour à Kartasoura, qui est en-viron à quatre journées de chemin de Samarang : c’est une ville où il peut vavoir environ trente-nuíle massons, bâties de pierre, de bois ou.de bambous.
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C») Umnilton , Vol. I. p. ZZ7 > ZZ8.
(») Les Auteurs Hollandois ne s’expliquent pas clairement fur ce qui regarde Pautoritétlti Commandeur de Putito da Gallé-, tantôt ils en parlent comme s’il étoit indépendant duGouverneur de Ceylon, tantôt coinme lui étant subordonné. Le fait est, semble-t-il, qu’ilsfe tiennent réciproquement en respect : ce n’est point le Gouverneur qui nomme le Com-mandeur, & il ne peut le déplacer. D’autre part le Commandeur ne peut sortir du cer-cle de ses fonctions ordinaires, fans en donner avis au Gouverneur & fans avoir son agré-ment. Comme c’est ici le principal & le meilleur Port de Híle, où les Flottes Hollandoi-ses abordent toujours. il n’est gueres possible qu’il y ait jamais de révolte importante, tan-dis que le Commandeur demeure fîdele à son devoir, & il doit naturellement y Êtreexcité à la moindre apparence de trahison de la part du Gouverneur, puisqu’c.n prenant?le contrepié de celui.- ci il a le plus d’apparence de lui succèdes. Quant au Gouverneurde Jafanapatnam, il y a beaucoup d’apparence qu’il a le môme titre & les mêmes pri-vilèges que celui de Punto de Gallé,’ parcequ’il a une grande étendue de Pays où il com-mande, & fur-tout l’Isle de Manar, vis-à-vis de la Côte de Coromandel, où la Com-pagnie fait garder les Prisonniers d’Etat, où elle a détenu quelquefois plusieurs Princes,Indiens à 1« fois (i).
(,) Htmìltnt's Account of the Eaít Indie», Vol. I. p. 337.