DANS LES INDES ORIENTALES. Liv! XVII. Chap. VII. 39
vieres de la poudre cf or, sur-tout dans la Mousson d’Ouëst, lorsque les tor- Sjectioxrens tombent avec rapidité des montagnes (*). Le Pays produit auffi beau- XXII.coup de cuivre, dont les Insulaires font des canons, & plusieurs eípeces Cliefsde pierres précieuses ; il y a une montagne de souphre, qui jette conti-nuellement des flammes, comme le Mont Gibel en Sicile. On n’y trouvej aV aU ,i eaucun des grains d’Europe, mais quantité de riz, de millet & de fruits,qui Sumatra,fournissent suffisamment à la subsistance des habitans. 11 y a encore abon- ' '
dance de miel, de cire, de gingembre, de camphre, de casse, de poivre&c. du bois de fandal blanc, & sur-tout du coton, dont les habitans s’habil-lent ot fabriquent des étoffes (a).
II n’y a pas de Pays dans toutes les Indes où pendant la Mousson d’Ouëst Quantitéil fasse des pluies aussi fortes, & accompagnées de tonnerre, d’éclairs &de d Or danttremblemens de terre qu’à Sumatra ; mais les habitans y font accoutumés, f# de& n’en font point effrayés, rarement fe plaignent - ils du climat. Ils font Sumatra "généralement Mahométans, & fort adroits à faire toutes sortes d’ouvragesen or avec peu d’instrumens; leur travail est inimitable, & leurs ouvragesfe vendent fort cher dans toutes les Indes (f). La Compagnie envoyetousles ans dans ce Pays un grand nombre d’esclaves pour travailler aux mines.
Les Rois de cette Contrée ne vivent pas en trop bonne intelligence avec lesHollandois ; quelquefois ils fe brouillent avec eux, & rappellent tous leursSujet» qui font au service de la Compagnie. Les principaux endroits où lesInsulaires trouvent de for font Triou & Manìmcabo. Voici comment ils s’yprennent:, ils creusent des fosses au pied de la montagne, où les eaîix qui
en
(«) Du Bois, Géogr. Mod. p. 685. (b) Expédition &c. 1 .c. p. 198,199. Voy.
de DeCrtiaf, p. 21.
(*) En comparant les meilleures Relations que l'on a de cette Isle , il paroit que l’ory abonde non leulement par-tout, mais ce qu’on ne peut gueres dire d’sucun autre Pays,c’esl qtie l’on y trouve toutes les différentes especes d’or, dont parlent 'ceux qui coisnoissent le mieux ce précieux métal, & les différentes maniérés de le recueillir. On avu dans le texte la méthode la plus commune de fe le procurer à Sumatra, mais il y end’autres qui font moins généralement connues. Quelques-uns des Employés dans lesComptoirs Hollandois, attachent dans la saison propre des chemisettes de flanelle dans lesruisseaux qui tombent des montagnes, & en les tordant deux ou trois fois en vingt qua-tre heures ils ramassent quantité de poudre d’or. En lavant la boue qu’ils trouvent dansles creux des rochers, ils trouvent des morceaux d’or de différentes grosseurs depuis cel-le d’une tête d’épingle jufqu’à celle du poids d’un quart d’once, & quelquefois plusgros, bien-que cela soit rare. On tire auffi quelquefois de plus grands morceaux d’òrd’un terreau noir & mol, mais à la réserve de la poudre ils sont de bas alloi, & nul-lement d’un or pur. Les hautes montagnes qui sont au milieu de l’isle sont habitéespar une forte de Peuples sauvages, qui troquent avec leurs -voisins une efpece d’or deroche, oui n’a pas son pareil en finesse, pour ies denrées dont ils ont besoin, L sur-toutquand’ils peuvent Ic-s avoir pour des armes, de la poudre & du plomb; on achettequel-quefois d’eux des morceaux de roc, qui ressemblent à du marbre blanc tout parsemé deveines d’or, les unes gueres plus grosses qu’un cheveu, & d’autres de la grosseur d’un tu-yau ordinaire Ces morceaux de roc se gardent comme une curiosité dans les Cabinetsdts Personnes de distinction à Batavia (i).
(i) Além. du Dx. Canin. Hist. des Indes. T, II. p. 212, 213.