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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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DANS LES INDES ORIENTALES. Liv! XVII. Chap. VII. 39

vieres de la poudre cf or, sur-tout dans la Mousson dOuëst, lorsque les tor- Sjectioxrens tombent avec rapidité des montagnes (*). Le Pays produit auffi beau- XXII.coup de cuivre, dont les Insulaires font des canons, & plusieurs eípeces Cliefsde pierres précieuses ; il y a une montagne de souphre, qui jette conti-nuellement des flammes, comme le Mont Gibel en Sicile. On ny trouvej aV aU ,i eaucun des grains dEurope, mais quantité de riz, de millet & de fruits,qui Sumatra,fournissent suffisamment à la subsistance des habitans. 11 y a encore abon- ' '

dance de miel, de cire, de gingembre, de camphre, de casse, de poivre&c. du bois de fandal blanc, & sur-tout du coton, dont les habitans shabil-lent ot fabriquent des étoffes (a).

II ny a pas de Pays dans toutes les Indes pendant la Mousson dOuëst Quantitéil fasse des pluies aussi fortes, & accompagnées de tonnerre, déclairs &de d Or danttremblemens de terre quà Sumatra ; mais les habitans y font accoutumés, f# de& nen font point effrayés, rarement fe plaignent - ils du climat. Ils font Sumatra "généralement Mahométans, & fort adroits à faire toutes sortes douvragesen or avec peu dinstrumens; leur travail est inimitable, & leurs ouvragesfe vendent fort cher dans toutes les Indes (f). La Compagnie envoyetousles ans dans ce Pays un grand nombre desclaves pour travailler aux mines.

Les Rois de cette Contrée ne vivent pas en trop bonne intelligence avec lesHollandois ; quelquefois ils fe brouillent avec eux, & rappellent tous leursSujet» qui font au service de la Compagnie. Les principaux endroits lesInsulaires trouvent de for font Triou & Manìmcabo. Voici comment ils syprennent:, ils creusent des fosses au pied de la montagne, les eaîix qui

en

(«) Du Bois, Géogr. Mod. p. 685. (b) Expédition &c. 1 .c. p. 198,199. Voy.

de DeCrtiaf, p. 21.

(*) En comparant les meilleures Relations que l'on a de cette Isle , il paroit que lory abonde non leulement par-tout, mais ce quon ne peut gueres dire dsucun autre Pays,cesl qtie lon y trouve toutes les différentes especes dor, dont parlent 'ceux qui coisnoissent le mieux ce précieux métal, & les différentes maniérés de le recueillir. On avu dans le texte la méthode la plus commune de fe le procurer à Sumatra, mais il y endautres qui font moins généralement connues. Quelques-uns des Employés dans lesComptoirs Hollandois, attachent dans la saison propre des chemisettes de flanelle dans lesruisseaux qui tombent des montagnes, & en les tordant deux ou trois fois en vingt qua-tre heures ils ramassent quantité de poudre dor. En lavant la boue quils trouvent dansles creux des rochers, ils trouvent des morceaux dor de différentes grosseurs depuis cel-le dune tête dépingle jufquà celle du poids dun quart donce, & quelquefois plusgros, bien-que cela soit rare. On tire auffi quelquefois de plus grands morceaux dòrdun terreau noir & mol, mais à la réserve de la poudre ils sont de bas alloi, & nul-lement dun or pur. Les hautes montagnes qui sont au milieu de lisle sont habitéespar une forte de Peuples sauvages, qui troquent avec leurs -voisins une efpece dor deroche, oui na pas son pareil en finesse, pour ies denrées dont ils ont besoin, L sur-toutquandils peuvent Ic-s avoir pour des armes, de la poudre & du plomb; on achettequel-quefois deux des morceaux de roc, qui ressemblent à du marbre blanc tout parsemé deveines dor, les unes gueres plus grosses quun cheveu, & dautres de la grosseur dun tu-yau ordinaire Ces morceaux de roc se gardent comme une curiosité dans les Cabinetsdts Personnes de distinction à Batavia (i).

(i) Além. du Dx. Canin. Hist. des Indes. T, II. p. 212, 213.