DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. VIL 41nonobstant leurs Barques armées, on' peut emporter une cargaison de mille SectiomBahars sans beaucoup de peine, moyennant un millier de florins qu’on donne XXIII.au Roi, & autant au Chef du Comptoir Hollandois (a). Chefs
Ils ont fur le bord de la Riviere de Bancalis une autre Factorie const-dérable, qui rapporte annuellement de grosses sommes de la vente des toi- Java & deles & de l’opium, qu’on leur paye en poudre d’or. C’eífc ce qui a été décou- Sumatra,vert par un Facteur de la Compagnie, qui ayant fait fecrettement ce Com- " ymerce pendant dix ans, & gagné annuellement au-delà de dix-mille Livres ^Benca.sterling, prit prudemment le parti de faire connoître cette branche du Com- lis.merce à la Compagnie, pour mettre ses richesses à couvert. II y a plu-sieurs autres Etablissemens Hollandois dans fille, qui font tous comprisfous le titre général de Côte Occidentale (b). Outre cela les Hollandoisont un bon Fort & un grand Comptoir à Jambie, & un autre à Siack ,qui est un lieu très mal-fain. II est fur la grande Riviere à'Andraghira , oùil vient en une certaine saison de Tannée une prodigieuse quantité d’alofesd’une grosseur extraordinaire, dont le tiers vient de leur íaitte, qui passepour un morceau friand ; après savoir tirée on jette le poisson , & lesmonceaux qu’on en fait íe corrompant infectent flair par des vapeurs mali-gnes. Aussi n’envoye-t-on à Siack que des gens de fl ordre de ceux qui vontà Banda, des vauriens & des gens fans ressource ( c ). Pour parler fran-chement il y a trop d’or dans ce Pays, suivant les Relations des Hollan-dois eux - mêmes, pour que la probité y régné beaucoup ; les Chefs dePadang font généralement plus soupconnés & plus exposés à des poursui-tes que les autres de la même qualité qui font au service de la Compa-gnie ; on l’attribue à certaines circonstances qui regardent les mines, quine rapportent pas grand profit, quoique ces Chefs & les Officiers qui dé-pendent deux amassent de grands biens en deux ou trois ans , par .desvo . ies ,ù ue i e Oéneral & le Conseil de Batavia peuvent rarement décou-VTir ( y. 1 ^ 3 - Compagnie tait cjuelcjuefois bâtir des Vaiíleaux dans cjuel-
ques - uns des Etablissemens qu’elle a à Sumatra, non tant pour épargnerqu’à cause que le bois est de grande durée, les Vaisseaux pouvant servirau moins deux fois autant que ceux du même Port, qui sont construitsen Europe (d).
SEC-
(n) Rmnilton, Vol. II. p. 118, 119. (d) Mém. fur le Commerce des Hollandois
(/>) Mém. du Dr. Garcia. p. 202, 203.
(c) Hanilton, Vol. II. p. 122, 123.
(*) Nous apprenons par le petit nombre de Relations des Indes Orientales Hollandoises,qui sont de personnes qui y ont fait un long séjour, que les Serviteurs de la Compagniey fraudent, de même que ceux des autres Compagnies, nonobstant quelques exemplesqu’on a fait de teins en teins ; & si l’on en croie De Graaf, qui paraît simple & sincere, iln’eit pas aisé de remédier à ces malversations. II paraît croire que ceux qui sont punis.ne le sont pas tant pour leurs fautes, que pour manquer d’amis ou de libéralité, quandils fe font enrichis par de mauvais moyens. II remarque encòre que la Compagnie ga-gne si peu aux Confiscations, après que le Fiscal & les autres Officiers on tiré leur part,
& que l’on a payé les dépens du prûcès, que cela vaut rarement la peine d’en venir-Tome V 1 IL F ri