DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Cgap. VII. 51
recteur: il est vrai qu’au bout de deux ans le même peut revenir, desorte Sectionque trois personnes ont ordinairement ce poste par tour : l’un qui réside ac- XXIV.tuellement, un autre en chemin pour le relever, & le troisième à Batavia, Commerceen attendant que ses deux années soient expirées. Nonobstant toutes les du J a P° n -peines que les Hollandois se sont données pour rendre le lieu de leur de-meure commode, c est toujours un assez désagréable séjour, & qui ne res-semble en rien à leurs autres Etablissemens des Indes. Us font encore fortgênés pour ajouter quelque chose à leurs maisons ou magazins, ou aux pe-tits quais qui servent pour décharger leurs marchandises ; car ils ne peu-vent ni bâtir ni faire le moindre changement, sens avoir présenté une re-quête avec le plan de ceux qu’ils veulent faire à l’Ottona , qui I’envoye auGouverneur, & il se passe quelquefois un an avant que l’on obtienne lapermission, & alors même on nomme un Inspecteur pour avoir l’oeil,afinqu’on ne fasse rien au-delà du plan. Telle est la gêne où sont ceux quirestent dans la Factorie Hollandoise au Japon, desorte qu’ils menent unevie fort désagréable, & que leur condition ne vaut gueres mieux que s’ilsétoient tout ce tems-là en prison, & dans une prison assez étroite, où ilsfont exposés à bien des inconvéniens, & ont très-peu de récréations. Vo-yons à-présent de quelle maniéré on traite les nouveaux venus à l’arrivéede leurs Vaisseaux; mais il faut savoir auparavant, que les Vaisseaux qu’onenvoye au Japon ne doivent avoir aucune figure à la poupe, parcequeles Japonois ayant remarqué que les Hollandois n’ont point d’images , sesont mis dans l’esprit que les figures qu’ils voyoient aux Vaisseaux n’y é-toient que pour se moquer de leurs Idoles, desorte qu’ils les ont défendues-comme insultant à leur Religion (a).
Aussitôt que les Vaisseaux sont arrivés dans le Port, le Gouverneur en- r ,voye plusieurs Bateaux remplis de Japonois, qui enlèvent le canon, la pou- la Fats-dre, toutes les armes & les ancres de réservé, & les mettent en lieu de six-seaux sontreté. Les équipages font renfermés dans l’Iíle comme ceux du Comptoir ; re ( US *ils ont cependant la permission d’aller à la ville, mais seulement quatre à la leur arri 'fois. Les Japonois qui ont la direction du Commerce, taxent les marchan-dises des Hollandois, de même que celles qu’ils reçoivent en échange , &ils règlent le teins & la maniéré de la vente comme il leur plait. 11 est vraiquè les Hollandois ont la permission .d’envoyer leur Directeur, avec deuxou trois personnes,à Jedo à la Cour de FEmpereur ; mais ils voyagent fousla conduite dune Escorte de Japonois, qui ne leur laissent point la libertéde s’écarter de leur route, ni de rendre visite à de grands Seigneurs. Ilsfont autant & plus gênés pendant le court séjour qu’ils font à Jedo, où ilsn’ont gueres d’autre affaire que de remettre leurs préscns à l’Empereuraux Princes & aux Grands de la Cour, pour renouvelle! le Traité de Com-merce ;& comme c’est-là une simple formalité, cela est bientôt expédié .-pen-dant tout leur séjour ils ont une Garde, & à leur retour ils ont encore uneEscorte (b). De toutes les restrictions mises à leur Commerce, il n’en est
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(a) Kampser, Caron, Charkvoìx, Car* (£) Voy. Kampser & Mémoires du Dr.
<*'«, Carcin,
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