DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. VII. 6z
Un autre lieu où la Compagnie Hollandoise ne fait que très-peu de Com- Suctio» 'meree directement, est Canton , le seul Fort de la Chine où les Etrangers XXV.©nt la liberté de trafiquer; & il sembleroit que les Hollandois devroient a- Rèsvlemvoir autant d’inclination & au moins autant de talent pour ce Commerce bon"’ 1 '*/ 1 **"qu’aucune _ autre Nation. On a vu qu’autrefois ils avoient fort souhaitté Siams ?4d’entretenir une étroite & constante correspondance avec les habitans de ce Mocha,riche Empire, & tant qu’ils furent maîtres de Formose ils y trafiquèrent & c ‘en droiture très-avantageusement. II est vrai qu’après TEtablislement de ‘ v i(1 sla Compagnie à'Ostende, les Hollandois y envoyerent des Vaisseaux direc- Commercetement de Hollande, mais soit qu’ils n’y trouvassent pas leur compte, soit à ia Chi-pas quelques autres , raisons secrettes, ce Commerce a été discontinué. Ceux ne -
qui
précieuses marchandises dont ils trafiquent des Sauvages > ainsi qu’ils les nomment, quioccupent le milieu de rifle, de forte qu’ils ne font pas en état de rendre compte ni de sesmarchandises, ni d’en établir le Commerce fur un pied certain (r). Un peu de réflexionsuflìt néanmoins pour sentir, que íî cela est peu favorable pour établir quelque correspon-dance avec les Insulaires de Bornéo, c’est une indication incontestable des véritables pro-ductions de l’Ifltz, parceque ce que ces Insulaires apportent est certainement de leur pays,
& qu’ils en ont une quantité, dont on ne peut se faire aucune idée juste sur ce qu’ils ven-dent aux habitans des Côtes (2), qui n’est réglée que fur le besoin plus ou moins grandqu’ils ont des marchandises pour lesquelles ils les échangent, & non fur la quantité desmarchandises dont ils font trafic ; car tout sauvages qu’ils font, ils fout assez rusés pour lesfoire valoir autant qu’il leur est possible (3). Mais pour venir au fait, ils fournissent del’or de diverses especes, l’un fin, & l’autre moins pur; ils ont aussi de l’étain 6cdu fer.
Us apportent de petits diamans très-sins; ci-devant ils en vendoient de plus gros, & peut-être en ont-ils encore qu’iis ne s’embarrassent pas de vendre, lis fournissent plus aisé-ment des perles fines. Ils vendent des doux & des muscades en petite quantité, & cesépiceries font à tous égards aussi bonnes que celles d’Amboine & de Banda. 11 y a lieude présumer qu’ils ont aussi de la canelle, parcequ’ils apportent une grande quantité du.plus beau camphre qu’ii y a ic aux Indes; desorte qu’un Auteur très-intelligent a raisonde aire, qu on trouve dans i’jfle de Bornéo tout ce qu’il y a dans celle de Sumatra, ou-tre d’autres richesses (4). La question est de se les procurer, & c’est ce qui ne paroîtrapeut-être pas aussi difficile, fl l’on pese mûrement le passage suivant de la Relation duCapitaine Hamilton, dans lequel il donne une idée du petit Royaume de Sambas dansl’Ifle de Bornéo (5). „ Le Prince & ses Sujets font fort hospitaliers & civils, desorte„ que les Etrangers y trafiquent sûrement J’ai connu un François Arménien, qui en ve*
„ nant de Manille eu» le malheur de faire naufrage fur cet endroit de la côte qui appar-», tient au Roi de Sambas. 11 s n’avoient que peu de marchandises, car en général ie re*
„ tour de celles qu’on vend à Manille est en pièces de huit d’Espagne. Quand ceux qui„ s’étoient sauvés vinrent à terre, on les mena au Roi, qui s’informa qui ils étoient, d’où„ ils venoient, où ils aboient, en quoi consistoit la charge du Navire, & leur fit plu*
», sieurs autres questions ; ensuite il donna ordre de leur fournir des vivres, des bar-„ ques 6c des hommes pour leur aider à sauver leur trésor; car à la réserve du Vaiíîèau,.
„ il se perdit très-peu de chose de ce qui valoit la peine d’être sauvé. Le Roi lui donna„ des perles & de la cire pour son argent à un prix fl raisonnable, que l’Arménien étant», passé fur un Vaisseau Chinois à Batavia , il y gagna quarante pour cent fur ce qu’il ven-», dit. De Batavia il a!!a à la Chine fur un Vaisseau François, ils relâchèrent dans leur,, voyage à Trangnno , où je le rencontrai en 1719. Je tiens le récit de fa propre bou-», che, 6c je vis les belles perles qu’il portoit à la Chine pour les y vendre, parmi les-», quelles ij y en.avoit.deux qui valorem cinquante Livres sterling.”
(1) Hamilton Vol, II. p. I47. f-») Méttl. lîu Dr. GíWcinì
ii. Mém. da Or. tìdrcin. (S J H/tmilfi». 1 , e. p, 148 , 14s.
(3 j. Remaries oa che Commerce ofludia, p. zr.