68 CONQUETES, ÉTABLISSEMENS &c. DES HOLLANDÓIS
Section des Indes, & un Vice - Président. Le Baillis de la ville & le DrossardXXVI. âu plat-pays font aussi Membres de ce Tribunal avec un Secretaire («)(*).Gouverne- j. e Oouverneur-Oénéral est le Chef de l’Empire que la Compagnie a™ n (J ks établi dans les Indes, & en est pour ainsi dire le Stadhouder, Capitaineà, E & Amiral - Général. II est Président du Conseil des Indes, & il y a deuxIndes &C. voix. II 3 une clef de tous les magazins, & y prend ce qui lui plaît fans '-r ~"—’ ren dre compte à personne. Il donne des ordres de fa propre autorité, &vcrneír- tout le monde doit lui obéir; enfin on peut dire que son pouvoir égaieraitGénéral & surpasserait même celui de plusieurs Rois de FEurope, s’il n’étoit respon-ê? de son âe ses actions aux Directeurs de la Compagnie & sujet au rappel (-).mouvoir. En cas à trahison & d’autres crimes énormes, le Conseil de Justice mêmeest en droit de s’assurer de fa personne & de le juger. Aussitôt qu’un Gou-verneur-Général est mort, ou qu’il résigne sa Charge, les Conseillers^desIndes s’assemblent pour en élire un autre à la pluralité des voix. L’élec-tion faite le Conseil écrit d’abord aux Directeurs en Hollande pour leur enfaire part, les priant de confirmer & d’approuver le choix qu’iîs viennentde faire. II écrit aussi pour la même chose aux Etats-Généraux , qui en ac-cordant FOctroi à la Compagnie se sont réservés ce droit d’approbation.Ordinairement sélection est approuvee tant par les Etats - Généraux quepar les Directeurs, qui envoyent au nouveau Gouverneur ses Lettres Pa-tentes. II y a cependant des exemples que les Directeurs ont improu-vé sélection faite par les Conseillers, & ont nommé un autre Gouver-neur (c). '
Coût La Compagnie donne au Gouverneur huit-cens KiídaJes d appointe-£? s a pom - men s par mois , & cinq-cens pour fa table, outre F entretien de tous ceuxpe. oui composent sa maison. Mais ces appointemens font la moindre bran-che
(a) Janiçon , Etat présent de la Rép. des (V) Expédition de trois Vaisseaux , T. II.Prov. Unies. T. I. p. 354-356. P'J 5 '., „
(c) Idem tbid. p- 76 , 77 .
(»-) ^Expérience a fait voir que l’Etablissement d’un Conseil particulier de Justice in-dépendant, qu’on appelle auslï quelquefois Conseil des Indes, a été un autre trait de sa-cesse • ce Conseil a aussi l’inspection sur les Finances. Les deux Conseils Souverains setiennent réciproquement en respect, & cependant ils font constitués de façon qu’ils nese trouvent pas souvent en opposition, bien loin de l’être perpétuellement, ce qui seroitinfiniment dangereux. Que st l’on est curieux de savoir pourquoi le Conseil de Justice, &non celui des Indes, est revêtu du droit de faire dans un cas d’extrême nécessité le procès2 U Gouverneur-Général, il faut savoir quëce font les Etats-Généraux qui ont en quelquefaçon confié au Président & aux Membres du Conseil Souverain de Justice leur autoritésuprême, qui les ont chargés de veiller qu’il.ne se fasse rien de contraire à la fidélité dûeaux Etats, ni par les Officiers de Ja Compagnie, ni en son nom; par conséquent com-me le seul crime que le Gouverneur-Général puisse commettre, dont on veut qu’un Tri-bunal juge aux Indes, est le cas de trahison, la prérogative d’en connoltre a été donnéeavec plus déraison, & avec moins de danger qu’on en abuse au Conseil de Justice qu’à celuides Indes. 11 y a Tailleurs quatre Tribunaux subalternes à Batavia , dont les Présidtnsfont tirés du Conseil des Indes, auquei dans lc-s cas difficiles ou fort importans il y aappel ( 1 ).
(t) J.vnlfm, Etat présent <ie la Rép. des Îiovinces-Vnies, T. I, p. ;;6, 3 S7i