70 CONQUETES, ÉTABLISSEMENS&c DES HOLLANDOISSection Après tout ce que nous avons dit de ce Grand-Officier, on ne fera pasXXVI. fâché de voir une Liste des Généraux des Indes, qui servira en même terni
Gouverne -■ à répandre du jcur sur i’Histoire.ment des r
dois l al'x Liste Chronologique & Historique des Gouverneurs-Géncraux des Bl-indés &C. des Hollandoises ; le tems de leur élévation à 'cette Dignité
.... — ayec celui de leur Gouvernement . .
1610. Pierre Both SAmersfoort. II fut chargé du Gouvernement dans letems que les affaires des I lollandois aux Indes étoient dans la situation laplus critique. L’Amiral Paul van Caerden étoit prisonnier chez • les Espa-gnols , qui ayant rassemblé de grandes forces aux Philippines, fesiattoientextrêmement de chasser les Hollandois des Molucques; mais leurs projetsfurent, déconcertés, & les Molucques conservées par la prudence du Gou-verneur-Généraí, qui paroît avoir été un homme d’un jugement solide ^d’un grand sens, & qui avoit beaucoup de courage (a). Ce fut fous sonGouvernement que les Hollandois remporteront de grands avantages dansles Isles de Timor & de Solor , dont nous n’avons pas parlé jufqusici ; nousen dirons quelque chose à de leurs productions dans les Remarques (*)„
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(a) Hist. de la Conq. des Molucq. T. III. p. 135 & fuir.
«érémonies ( 0 - Les Dimanches, immédiatement après le Sermon de I’après-midi, il y 3.ce qu’on nomme la Parade à laquelle le Gouverneur n’est pourtant pas tenu d’assister, &qui n’eft proprement destinée qu’á l’amusement des Indiens , qui n’aiment rien tant queces fortes de fpe&acles. La marche commence par un cheval de parade mené par un Eu-ropéen & suivi d’une Compagnie de Cuirassiers, d’une autre de Grenadiers, & ensuited’un Bataillon, dont tous les soldats ont le casque en tête. Un Trompette marche devantles Cavaliers & six Hautbois devant le Bataillon '.'2). Telle est la grandeur du Général desIndes, ou pour mieux dire tels font les ornemens qu’on accorde à celui qui est le plusgrand Esclave que la Compagnie ait, Sc qui, au jugement d'un homme de bon - sens, fer-• vent plus à aggraver qu’à alléger le poids d’une Charge aussi -pénible & onéreuse, L fanslui être de fort grande utilité, Texposent à l’envie de ceux qui pourroient être plus heu-reux que lui, s’ils connoissoíent leur bonheur
(*) L’Isle de Timor gît lift-Sud lift de celle île Java: les Hollan lois y ont un Fort &une petite Factorie; l’iste est bien peuplée & fort grande; mais st nous en croyons lesPortugais L les Hollandois, les habitans font fort barbares, & en quelque k-^on sau-vages. Quelques Anglois qui y avoient été avec le Capitaine Damp,c r , en parloientnéanmoins autrement; suivant eux ces Infulaìies ne font sauvages qu en ce qu’ils ont uneaversion mortelle pour l’esclavage, & ils 11e font pas si stupides qu’ils n’ayent découvertles artifices de ces deux Nations pour les mettre fous le joug, & par cette raison ils fefont défendus avec autant d’adresse que de courage contre la fraude & la violence; defor-te qu’ils jouissent encore de la même liberté qu’ils avon nc fous leurs Chefs à l’arrivéedes Européens, & qu’ils vivent comme il leur plait. Les Hollandois continuent à trafi-quer avec eux , bien-que l’on dise quelquefois que les profits de ce Commerce nc défrayentpas la dépense, mais trois raisons engagent à l’entretenir. La prr miere, que le Leéteurne trouvera pas dans bien des Ouvrages, c’est que de-là on peut avoir connoistance desVaisseaux qui viennent aux indes par la Mer du Sud; article fur lequel ia CompagnieHoi-landoife n’est pas moins jalouse que les Espagnols, de quelque Nation que les Naviressoient, fans en excepter ceux de la sienne propre. En ce iens-là l’isle de Timor est une
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(l) Voyage de F, Leg»At 7 T. n. p. M, 99. T» 1. p. Z59â-6r. (z) JantfonLç,