DANS LES INDES ORIENTALES. Lit. XVII. Chap. VII. 7p
suffi beaucoup de travail & d’application ; car le Directeur est chargé de Section 'l’achat de toutes les marchandises dont la Compagnie a besoin, & de la XXVI.vente de celles dont elle trouve à propos de se défaire. C’est lui qui réglé la Gou ^rne.nature & la quantité des marchandises qui doivent être transportées en Holkm?'Hollande ou ailleurs. II a la garde des clefs de tous les magazins, & tous dois au Xceux qui ont quelque direction fur le Commerce font obligés de lui faire Indes à.rapport tous les matins de l’état des choses. Enfin c’est lui qui a la direc-tion suprême de tout le Négoce tant à Batavia, qu’aux autres endroits quiappartiennent à la Compagnie ; tous ceux qui font employés dans les di-vers Comptoirs doivent lui rendre compte suivant leurs divers départemens.
II a aussi bien que le Général ses heures réglées pour les affaires, & ceuxqui font fous son inspection doivent se rendre, & il n’y a rien qui puisseen dispenser personne. Mais c’est par Inobservation exacte de ces réglés,que tout se maintient dans l’ordre le plus parfait, & que les affaires ne semultiplient pas par négligence de maniéré à causer de l'embarras ix de laconfusion. D’ailleurs l’exemple de ces premiers Officiers a une grande in-fluence ; les uns rougissent, & tous craignent d'être moins assidus à leursEmplois que ces Chefs qui font à la tête des affaires (a). C’est ce qui estnon feulement utile & avantageux, mais absolument nécessaire, puisque lasagesse humaine ne peut prévoir ce qu’un jour peut enfanter; & l’onpour-roit alléguer un grand nombre de raisons pour prouver, quelque paradoxeque cela puisse paroitre, que c’est au danger continuel oà est le Gouverne-ment, <& au vif sentiment qu’en ont ceux qui gouvernent, qu’il est rede-vable de sa sûreté. 11 faut avouer que ce n’est pas une précaution à desirer,mais dont l’expérience démontre l’efficace.
La troisième Personne du Gouvernement est le Major-Général, qui a le Major-commandement de toutes les Troupes fous les ordres duGouverneur-Géné- Cènírahval- Le nombre des Troupes réglées que la Compagnie entretient toujoursdans les Indes monte à environ douze-mille hommes, outre les milices ougens du Pays dans les divers. Gouvernemens, qui savent assez bien manierles armes & font disciplinés ; on croît qu’il y en a plus de cent-mille. Maiscomme cet article est important, il fera bon de le bien développer. L’EtatMilitaire est dans les Indes assez fur le même pied que dans les Provinces-Unies, les Troupes de la Compagnie étant payées aussi régulièrement & aussibien disciplinées que celles de Hollande. A parler à la rigueur Je Chef deces Troupes n’a en tems de paix que le rang de Major, ayant fous lui desCapitaines, des Lieutenans & des Enseignes, mais en tems de guerre lesLieutenans deviennent Capitaines, les Capitaines deviennent Colonels, &le Major en qualité de Major-Général commande en Chef (b).
, Les gens du Pays ont leurs propres Officiers, qui peuvent monter jus- Troupesqu’au rang de Capitaine. Les Bourgeois de Batavia se choisissent aussi desOfficiers jufqu’au Capitaine inclusivement, tant de Cavalerie que d’Infante-
rie.
(a) Janiçtn, T. I. p. Z6Z. Expédition Ch. 37. Choi/y, Voyage de Lia», p. w.de trois Vaisseaux, T. II. p. 79, âo. 140, 14I.
Q>) limage, Deílript. du Gouvern. &c.