104 COMMERCE, COLONIES &c. DES DANOIS
Section tems (a). Ils sondèrent en France le beau Duché de Normandie ; de-IáI- ayant continué leurs courses fur mer, ils Rétablirent à Naples, qu’ils sou-mirent , &envoyerent ensuite leurs Vaisseaux croiser sur les côtes d’Aile (b).noïs leur Ce sont-là des faits prouvés par l’Histoire, mais si avant ces exploits, euxgoût 'pour ou quelqu’une de leurs Colonies avoient trouvé un passage de l’Iflande aulaNavíga- Japon, comme quelques-uns font prétendu, c’est ce que nous n’entrepren-tton &c. àons pas de décider (*).
Leurs Ex- Les Danois eurent beaucoup de part aux guerres que les Princes Chre-pioits da! s tiens entreprirent pour tirer Jérusalem d’entre les mains des Mahométans ;les Croisa- ] eurs Mémoires particuliers, de même que leurs Histoires publiques, ontà- conservé bien des particularités qui font honneur à ia mémoire de ces gé-néreux Héros, qui, peut-être par une piété mal entendue, signalèrent leurcourage dans ces Pays éloignés , & répandirent le nom de leur Nationjusqu’aux extrémités les plus reculées de l’Orient (r). Quelques-uns de leurs
plus
(a) Clauâ. LyscmJcr, in Geneal. Reg. ad calcem L. VI. Monumen. Danicorum.Dan. p. 323. Chron. Sax. Alvred Bcue- {c) l’ontanus, Hist. Dan. L. VII. p. 475.rel. &c. Saxo Grainmat. L. XII. p 223. Snorro Stur -
(/>) tginhardus in.Vit. Caroli M. Alber ■ lefon, in Chron. Norveg. p. 436.tus Stadenfis , in Aniial. Dan. OfausWoimius
(*; Quelques Savans ont observé qu’il y a beaucoup de conformité entre la langue qu’onparle en Islande & celles des Japonois, d’où l’on inféré qu’il faut que dans les ancienstems il y ait eu quelque correspondance entre les deux Nations (1). En supposant lavérité du fait de la conformité des deux langues , la conséquence qu’on en tire paroîttrès-juste; avec cela un Lecteur judicieux pensera certainement qu’il n’est pas aisé defaire connoître ce Commerce, ni comment il s’eít fait. II n’est pns fort croyable quele passage par le Nord-Est ait été aussi fréquenté, que cela le suppose (2). Encore moinsse persuadera-t-on qu’on ait entrepris d’aller d’un pays à l’autre, en naviguant en pleinemer, directement fous le Pôle(3), bien-que l’on puisse prouver par de bonnes autoritésqu’on a fait il y a plusieurs siécles de grandes découvertes de ce côté-là (4). Peut-êtrerésout-on mieux la difficulté en disant que ceux qui ont peuplé les parties septentriona-les de l’Asie ont envoyé des Colonies en Orient & en Occident, ct ont peu à peu peuplél’Jslande & le Japon. Mais pour revenir aux faits, nous trouverons une autre route mar-quée par un Auteur moderne (5): parlant de certains Prêtres du Japon, il s’exprime ences termes- ,, Ces Prêtres font descendus des Goths , qui sortant de la Scandinavie, la-„ quelle comprenoit anciennement ia Suede, la Norvège & le Pays de Scbonen, furent„ conduits par leur Général, nommé Taunafis , jusqu’en Egypte, où j| S vainquirent le„ Roi Fefojìs. lis marchèrent ensuite contre les Perses, & firent d’étranges ravages dans„ leurs Pays durant les regnes de Cyrus, de Darius & de Xerxès, De-là ils firent une„ irruption dans les Indes, dans la Chine & le Japon, mêlant leurs idées de Religion a-„ vec celles des Brachmanes & des Bonzes, deforte qu’il n’est pas fort surprenant qu’il y,, ait tant de conformité entre leurs opinions.’' il ne seroit peut-être pas aisé de citer lesgarands d’uu trait d’Histoire si extraordinaire; mais si quelque Auteur entreprenois, de lerendre probable, il lui seroit facile de prouver que le génie, les mœurs & le caractèredes Japonois ont plus de rapport aux Peuples Septentrionaux qu’aux Chinois (6), dontd’autres les croyent descendus ; & il pourroit aullì produire des relations traditionelles,tirées des Histoires fabuleuses des Peuples Septentrionaux, de leur Commerce avecJ’Orient.
(1 ) Trésor del’Histoîre des Larrgues de cet Uni-vers par CUtidi Dum , p.
(2) Voy. dans Haí^luy: les Discours fur le pas-sage par le Nord-Est.
Mmfm’s Naval Tracts, dans Churchill.
(4) H-ykluyt’s Voy. Vol. I.p, i-j , 722.
fsl Ambassades mémorables des Hollandois auJapon, P. I. p. 89.
(5) Charlntin, Hífc, du Japon, T. I. p. 7f
et ímv. *