DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Ciiap. VIII. u 3gence Hollandoise des Indes, ou ne pouvoit ou ne vouloir pas tenir le Trai- Sectxoîtté qu’il avoir fait, bien-que les Portugais eussent tué tous les Hollandois Ji.qu’il avoir amenés avec lui, il engagea l’Empereur de renvoyer avec la qua- ^dationlité d’Ambassadeur en Europe (a). Ses Lettres de créance croient adres- YerY^Z'fées aux Etats-Généraux ; mais en cas que fa négociation ne réussît pas il Tranque-avoir outre cela plein pouvoir de traiter avec tel autre Prince de- l’Euro- bar fisc.pe, qui feroit disposé à donner du secours à l’Empereur dç Ceylon con- ■tre les Portugais pour recouvrer ses Etats, aux conditions qu’il trouveroitjustes & équitables. II partit de Ceylon le 9 de Mai 1615, & fe renditd’abord à Mafulipatan, où il s’adressa au Directeur Hollandois, à la priereduquel il alla à Bantam. Comme il trouva le Gouverneur-Général GérardReynst mort, & que les affaires étoient un peu en confusion, il obtint duConseil la permifíion de suivre ses instructions, & de retourner en Hollan-de , pour faire connoître à LL. HH. PP. & au Prince d’Orange le véri-table état des choses dans l’stle de Ceylon, & quel secours feroit nécessairepour procurer aux Hollandois la liberté du Commerce (b) ; il comptoir quefa commission ne pourroit qu’être très-agréable dans un Pays où l’on con-noissoit toute l’importance du Commerce de la Canelle, & qu’ainsi le Gou-vernement feroit favorablement disposé (c) (*).
Mais
(0 Balûaus, C. XVII. (í) Ihid. (c) Idem ibid.
(*) Par le Traité conclu en r6ro entre Bofchomver & I’Empereur de Ceylon, ce dernieravoir consenti qu’il y eût deux Hollandois dans son Conseil; ce fut en. vertu de ce Trai-té, ou au moins fous ce prétexte, que l’Empereur lui fit épouser une femme de la pre-mière qualité, le fit Prince de Mingone , qui est une Province dans l’intérieur du Pays,à i’Ouëst de Piste, Gouverneur d’une autre Province, & lui donna la seconde place dansson Conseil (1). En 1612 il le mit à la tête d’une armée contre quelques rebelles quis’étoient joints aux Portugais, & Bofchomver fe conduisît avec autant de valeur que defidélité. La même année mourut l’impératrice Catherine, qu! dans fes derniers rnomensrecommanda, avec toutes les marques possibles de confiance, fes enfans aux foins desPrinces de Mingone & d’Uva (2) La mort de cette Princesse toucha tellement l’Empe-reur, qui lui étoit redevable du Trône, qu’il tomba dangereusement malade, & que sesMédecins jugèrent fa maladie mortelle. Tour prévenir les inconvéniens qui accompa-gnent naturellement les Minorités, il convoqua les Etats, & déclara non seulement lesPrinces de Mingone & d’Uva Régens, mais il confia Péducation de fes enfans au premier,& les lui remit avec les termes les plus touchans. Les Etats ordonnèrent que les jeunesPrinces fussent envoyés dans une Forteresse pour leur sûreté, mais le Gouverneur tramaUne conspiration pour les faire périr. Le Prince de Mingone dissipa fes Troupes, & é-tant venu à la Cour il fut arrêté; ayant été convaincu par ses propres lettres, & parquelques-uns de fes complices, il fut exécuté pour trahison avec vingt-fix Nobles &cinquante Soldats (3). En 1614 l’Empereur remporta une victoire signalée fur les Portu-gais & fur les Rebelles qui s’étoient joints à eux; ies Princes de Mingone & d’Uva com»mandoic-nt dans cette occasion l’avantgarde. Ses affaires étant alors fur un pied florissant,ce Monarque proposa le 29 d’Août dans son Conseil, de fe marier avec une fille quela défunte Impératrice avoit eue d’un premier mari , avouant qu’il l’avoit séduite duvivant de sa mere. Le Prince de Mingone s’y opposa avec fermeté, & fit à cette occa-sion un discours fi pathétique, que l’Empereur fondit en larmes, renonça à son dessein,
&
(1) Baldcts, Hlst. de Ceylon. e x. XI. : (z) Bulittts t ubi sup. C. XIV. XV,
(2) i^iícyro ', Hist. de Pille de Ceylon. p. ss%
Tome FIII. ?