ii4 COMMERCE, COLONIES &c. DES DANOIS
Section Mais ces espérances furent trompées. Quand Marcel Boschouwcr & íitH-. femme arrivèrent en Hollande , ils s’attendoient à être traités comme.*hUiFor- ? rince & Princesse de Mingone, faisant une dépense proportionnée à leurterefe de rang, & dédaignant d’être regardés fur un autre pied (a). On ne put jamaisTranque- faire comprendre aux Directeurs de la Compagnie, que Boschomver , qu’iísbarct’c. avoient fait partir en qualité de Sous - Marchand, fut un Prince, deforteYíéémè ssis cela rompit bientôt la négociation, & détermina le Plénipotentiaire dedam fané- l’Empereur de Ceylon à porter ses Lettres de créance ailleurs. Après avoirgocia'îon fait mûrement réflexion fur Pétât des affaires dans les autres Pays, il prit laen flol- résolution d’aller à la Cour de Danemarc, fans-doute parcequ’il apprit quelande. j £ f avor jf 0 it fort le Commerce de ses Sujets en général, mais fur-toutcelui des Indes. Quelques-uns ont cru que cette conduite étoit contraireà la fidélité qu’il devoit aux Etats - Généraux ; mais il y a de Papparencequ’il fe regardoit comme Sujet & Conseiller Privé de PEmpereur de Cey-lon, & fi on le reçut & on le traita comme tel en Hollande, il étoit cer-tainement le maître de suivre les autres articles de ses Instructions, quandon eut rejetté ses. propositions (st). A dire le vrai, il semble que les Etats-Généraux penseront ainsi, puisqu’ils auroient pu, s’ils f avoient jugé à-pro-pos, P empêcher de sortir des .terres de lour domination, ou le renvoyer furun des Vaisseaux de la Compagnie aux Indes (c).
II se rend II arriva à Copenhague le iô de Juillet 1617, & y fut reçu à ce qu’ilà Copen-p aro îj d’une maniéré conforme à ses prétentions. Pendant son séjour dansbague, & cette ç a pit a le la Princesse de Mingone accoucha d’un fils, dont 8. M.un°r f aité D. fut parrein. La Compagnie écouta favorablement ses propositions ,’& entra en négociation aVec lui:'elle conclut un Traité, que le RoiChristian IV. ratifia Pannée suivante. Ce Prince lui accorda auffi un Vais-seau de guerre, nommé Y Eléphant, pour le ramener lui, sa famille &' sasuite à Ceylon ; la Compagnie y joignit quelques Vaisseaux, & PEfcadrefut commandée par un Seigneur Danois, nommé Owen Gledde de Tom-merup (d). II fit voile de Copenhague le 30 Mars 1619, & vint mouil-ler au Cap le 19 de Juillet, & de-là il continua son voyage pour Ceylon ;mais ayant essuyé des mauvais tems , il lui mourut beaucoup de monde, &de ce nombre fut le Prince de Mingone (<?). L’Amiral Danois ayant abor-dé au Port de Trinquemale, il donna avis de son arrivée à PEmpereur ,qui, disent les Auteurs Ilollandois, désavoua le Traité, peut-être parce-qu’il trouva que le secours étoit insuffisant, & que l’on se précipita trop àdemander le remboursement des sraix. Quoi qu’il en soit, on dit que
, . ' l’A-
(a) Commerce des Danois aux Indes, (e) Êaldaus, C. XVII.
p. 33. (d) Gesta & Vesligia Danorum in Orien-
(Q Mém. touchant les Ambassadeur & les te, p. 66.
Ministres publics, p. 47,48. W Baldaus, I. c.
promit de vivre dans la, fuite avec elle, comme il devoit (1). Ce fut par ces actionsque le Sous-Marchand Ilollandois gagna la confiance de l’Empereur, & releva l’éclatdesDignités qu’il tenoit de fa faveur.
(1) \ibeyro , ubi fup. x. 61, SuldieHs, Cil, XVIt