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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. VIII. 125SECTION IV.

Frédéric IV. prend la résolution cs envoyer des Missionnaires pour prêcher lE-vangile aux Païens. Confiance avec laquelle , nonobstant tous les obstacles , cebeau dessein a été poursuivi. Description exacte de ïEtablissement des Danois,de .leur Forteresse , duPort, du Pays des environs , des dépendances , de /étatprésent, S des espérances pour l'avenir de la Colonie de Tranquebar. Con-jectures fur ce sujet , b détail clair c? précis des argumcns pour & contreles Projets des Danois.

T) A r ces contretems & dautres du même genre, le Commerce de Tran-quebar se trouva très-diminué au commencement de ce siecle, nonob-stant tous les foins de ceux qui étoient chargés des affaires de la Compa-gnie. 11s jugèrent donc à propos de tourner une partie de leUr attention àmettre les choses fur le lieu même dans le meilleur état quil leur seroit pos-sible , afin quen aggrandistant la ville & en augmentant le nombre de leursSujets, ils pussent tout dun coup augmenter leurs revenus, & les rendreplus certains. La Compagnie Danoise sétant adressée, pourlexécutiondece plan, au Roi Frédéric IV. Prince également recommandable par fa pié- smcere & par sa clémence & fa sagesse, ce Monarque s'informa exacte-ment de létat de la Religion, qui à son avis auroit être un des princi-paux objets de la Colonie, & ayant reçu-dessus un exposé très-peu satis-faisant, il prit la résolution dy envoyer des Millionnaires: dessein austi di-gne dun Prince Chrétien, que dun grand Politique (a) (*). II sadreslà

au

(") Hamìlton , Vol. I. p. 552.

(*) Le désir de propager la Religion Chrétienne est naturel à tout Prince qui est sin-cèrement persuadé de sa vérité , & cest à ce principe quon doit en grande partie attri-buer ia propagation de iEvangile, On peut juger des avantages qui en résultent encomparant lEurope avec les autres parties de notre Globe, & en considérant Iétat oùé-toient les habitans, sur-tout ceux des Fays Septentrionaux, avant leur conversion, &celui ils se trouvent à-préfent. Ainsi le zele pour 1Etablissement de f Evangile,comme système de bonheur, dans les parties les plus éloignées du Monde est égale-ment une preuve signalée de charité & de vraye piété, & lexpérience nous fait voirquìl a plus defficace, & quil produit de plus grands effets que ni la politique humaine,ni la force des armes. Un Prince Chrétien , qui désiré de former un Etablissement dansdes Pays auQî éloignés que les Indes, ne peut jamais fonder Pespérance de réussir surun fondement plus solide & plus raisonnable, que la conversion des Naturels au Christia-nisme, parce qúe cest le seul moyen de lui assurer dune façon particulière la protectionde ia Providence, sans laquelle'toutes les espérances de prospérité sont vaines Des ter-res acquises par achat ou par les armes ne font daucune utilité fans bnbitans, & de pen-ser à en envoyer un nombre suffisant si loin, cest risquer de dépeupler son Pays pourtenter détablir des Colonies au dehors. Mais convertir les Naturels eest acquérir leurscorps, en même tems que lon fauve leurs âmes; tout homme qui devient bon Chrétienest naturellement bon Sujet, & dans les Indes plus qu ailleurs, parce que les Naturelsont des principes de morale, & que par léducation ils font formés a des habitudes de ver-tu. Pour juger saint ment des avantages quon peut retirer de cette méthode, nous na-vons quâ faire réflexitìn fur ceux que les Espagnols tireroient de leurs Vastes Etats enAmérique, si ces dix millions dhommes, quon assure quiìs y avoient fait périr dan s le

Q 3 tems

Sectiox

IV.

Mijjton deIran que-bar &c.

Le RoiFrédéricIV. envo- des Mis-sionnairesDanois àTranque*bar.