DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Ciîap. VIII. 129'
ordinaire. Sa Capitale, qui porte aufíì le nom de Tan jour, est grande & Sectionenvironnée de fortes murailles. Le Château ou le Palais où il demeure est IV.vaste, magnifique & bien fortifié, enforte que bien que les armées du Mogol Mijpm deayent quelquefois ravagé le Pays ils n’ont jamais pu prendre cette Place , bar'^ 6 ^quoiqu’ils l’ayent assiégée souvent. Suivant nos Missionnaires elle est envi- — > . -L.ron à soixante milles Angloises de Tranquebar. Le Rajah de Tanjour aencore trois autres Places très-fortes outre le Port de Karicàl & la Forteres-se qui le défend ; mais elles font tombées depuis entre les mains des Fran-çois , comme on le verra dans le Chapitre suivant (d) (*).
Dans les mois d’Août, Septembre & Octobre l’air est tempéré & sain ; Climat,le vent de terre réchauffe le matin, & celui de mer le rafraîchit le soir. Saisons*En Novembre, Décembre & une partie de Janvier, les vents d’Ouè'st rè-gnent, qui font accompagnés d’abord de tempêtes, de beaucoup de pluie,
<k quelquefois de gelée. Depuis-la mi-Janvier jufqu’à la fin d’Avril l’airest encore tempéré, mais depuis le mois de Mai jusqu’au milieu de Juilletil est excessivement chaud, & quelquefois le vent semble sortir dune four-naise ardente (b). Dans toutes les Saisons les nuits font non seulement tem-pérées , mais froides. Les Naturels aiment la Saison des chaleurs, mais les
Eu-
00 Ilist. deslnd. Orient. T. III. p. 263. ( 5 ) Account of the Religion Gouverne-
ment &c. of the Malabarians, p. 11-13.
(*) La derniere guerre qui fut fi fatale à l’autorité du Grand-Mogol, ífc fi ruineusepour tous les Européens établis fur la Côte de Coromandel, & dont nous serons obli-gés de parler avec plus d’étendue dans un autre endroit, dut son origine au Roi régnantde Tanjour. Daoiìst Ali Khan étoit Nabab d’Arcate, dans le tems que Nadir Shah dé-posa & fit prisonnier Mohammed Shah, Empereur de FIndoslan : au-lieu de marcher, a-vec la nombreuse armée qu’il avoir, au secours de son Maître, il entreprit de subjuguertous les 1 rinces Indiens jusqu au Cap Coinorin , aíìn de partager leurs terres entre sonfils & son gendre (i). Ces deux jeunes Princés se trouvant à la tête (Pune armée cu-rent bientôt soumis la Principauté de Trichenapaly, & de-ià ils entrerent dans le Paysde Tanjour. Le Prince régnant s’appelloit Sahagì Maha Rajah ; il venoit de terminerune Guerre Civile, qui l’avoit contraint d’appeller les François à son secours, & de leurpromettre en retour une ville, & un Port plus commode que Pondichery, avec de meil-leures terres; & ils tâchoient précisément en ce tems-là de s’en mettre en possession parla force (2). Sahagy pressé par Farinée des Maures d’un côté, & de l’autre fur la Côtepar les François ses Alliés, eut recours A F expédient dont ses ancêtres s’étoient bien trou-vés : ayant choisi dans son armée un Corps d’élite, il s’enferma dans fa Capitale, & en-voya des Ambassadeurs à Maha Rajah Roi des Marattes pour implorer son assistance ;ce Prince fit marcher au mois d'Octobre 1739 une puissante armée à spn secours , quifit lever le siégé de Tanjour (3). Dans ces entrefaites les Maures avoient mis les Fran-çois en possession d eliarical, comme nous le verrons dans la fuite, n’en faisant mentionici que pour faire connoître le changement arrivé par-là à la situation des Danois deTranquebar, qui font à-préfent au milieu des François, entre Pondichery qui est au Nord,& Carical au Sud ; & il n’y pas lieu de douter qu’en peu Tannées cette derniere Placéne devienne auífi considérable que l’autre,& nous laissons à juger des suites que cela pour*ra avoir pour les Danois (4).
(1) Archives de la Compagnie des Indes N. 161. par le V. Nerim, T.hp.350.
C Sz. L. I. F. 3. avec un Mtm. particulier, ap. (ì) li’fi- des Ini. Orient. T. 111 . p.rSs,
Cuton T. III. p. 27J. ft) Idem ibid. p. 272-274, r
(2, Mém. Hilc. lur les Millions de Malabar,
Tome FUI.
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