DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chaï>. VIII. Ï3I
La terre y est fort fertile, elle produit beaucoup de riz, plusieurs fortes SistroNde racines nourrissantes. De très-bonnes herbes, tant pour la cuisine que IV.pour la Médecine ; on y a la plupart de ces excellons fruits que l'on van- Mij/ìon Jete dans les Indes, & les fleurs y flattent également les yeux & l’odorat par bargv^ 2 ’leur beauté & leur odeur. Mais il n’y a gueres de Rivières dans ce Pays, -——L»& fort peu de ruisseaux, ce qui n’empêche pas qu’il ne soit assez bien I j rtlhté .arrosé. Car dans l’Eté, que tout feroit sec & brûlé, il descend des eauxdes Contrées Septentrionales, que lesHabitans du Pays distribuent avec tant à» I 5 c. 'd’adresse fur leurs terres, que tout ce qu’ils cultivent est suffisamment hu-mecté (ct). Pour leur usage ordinaire ils font obligés de fe servir d’eau depuits, qui lorfqu’elle n’est pas du tout somache, & qu’on l’apporte d’unpeu loin, ne laisse pas d'être chere pour le Pays. De-là vient que l'ontrouve fur tous les chemins de lieue en lieue ou un peu plus, de petites mai-sons propres, que des personnes charitables & zélées pour le Bien publicont fait bâtir, où les Voyageurs peuvent fe reposer aussi longtems qu’illeur plait, & dans plusieurs on leur fournit de seau pour rien. On voitaussi dans le Pays de Tanjour de beaux pâturages, bien fournis de bétailde différentes especes. Sur la Côte on a quantité de bon poisson, & toutle Pays est bien pourvu d’oifeaux domestiques & sauvages. En un mot cePays fournit tout ce qui peut le rendre commode & agréable à ceux qui fontdisposés à vivre d’une maniéré conforme aux lumières de la Nature &de la faine Raison, c’est-à-dire tempérante à tous égards; car il faut a-vouer que les excès y font toujours dangereux, & quelquefois mortels ;mais ceux qui ont foin de les éviter, y jouissent communément d’une fortbonne santé (à)(*).
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C J) Account of the Malabarians, p. 1 7 - ao . rj,\ 7 >, v ,,~
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„ Malabar. Mais quand il pleut fur la Côte de Coromandel, le Ciel est clair & serein„ sur les montagnes comme au Malabar même, àl’exception des mois de Juillet &tl’ Août,„ où il pleut dans ces deux Fays,”
(_*_) II régné beaucoup de confusion & d’obscurité dans ce que rapportent du déborde*ment des Rivières, les Voyageurs qui ont visité cette Côte. Le savant Faremm dit (i)qu'elles fe dihrdent dans k foi J on humide, & rue c ist par ks eaux qui descendent des mon-tagnes ae Gâte, Cela paroît clair au premier abord, mais si on y regarde de près on letrouvera fort obscur; car ces montagnes séparant la Côte de Malabar & celle de Coro-mandel , à laquelle des deux faut-il rapporter la saison humide ? Car comme les saisonsfont diamétralement opposées dans l’une & dans 1 autre, On ne peut saisir Je sensdel’Au-teur, tant que cette question n’est pas éclaircie. En comparant néanmoins les meilleursEcrivains, il paroît que le débordement des Rivières, ou plutôt ia descente des eauxarrive dans la saison chaude, comme on le dit dans le texte, fans quoi la terre feroit a-lors tellement biûlée qu’elle feroit a peine habitable ; au-heu que Jes faisons étant ainiîréglées par la sage disposition de la Providence, & la prudence humaine sachant les met-tre à profit, les prairies & les terres labourables font tenues pendant quelque tems fousl’eau, ce qui ks rend extraordinaìrement fertiles; outre que cela procure aux habitant-deux récoltes ( 2 ). Plus ceux qui font juges compétens de ces matières considéreront lasituation de cesPays, & ses conséquences naturelles, aulîi-bienque celles du mouvement
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(1) Géogr, Gêner. T, II. Ch. 16. (z) Account Sc c. p. 19, zo.
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