Section¥ IV.
Mifjìrm d i
Tranque.bar c '£c.
Port.
'Avanta-ges] de lapropaga-tion deF Evan-gile.
iz6 COMMERCE, COLONIES &c. DES DANOIS
Quoique le Porc de Tranquebar ne foie pas admirable, il ne laisse pas d e-tre aussi commode qu’aucun du voisinage, & de grands Vaisseaux peuvent ymouiller; desorte qu’un fameux Ecrivain Hollandois a juste raison de direqu’il est surprenant que les Danois n’ayent pas mieux profité de cette Pla-’ce, quoiqu’il semble n’être pas fondé à ajouter, qu’ils avoient une plus bel-le & plus favorable occasion que les Anglois ( a ). II y a très-grande appa-rence que la grande raison du peu de succès qu’ils ont eu, c’est le peu At-tention que l’on a fait à ce Commerce en Danemarc, soit par négligencesoit faute de capacité. II n’est pourtant pas tout-à-fait méprisable par rap-port à ceux qui font à Tranquebar; car par le moyen des Marchands Gentilsils font quelque forte de trafic avec les habitans de Ceylon, bien-que ce nesoit qu’avec de petits Bâtimens L à la dérobée, parqequ’iî n’est pas aisé detromper la vigilance des Hollandois, avec lesquels ils font aussi quelques af-faires (b). Ils ont encore quelques petits Comptoirs fur la Côte qui pro-duit le poivre ; ils ont auffi me Loge avec un beau jardin fur la Côte deBengale, où ils ont envoyé dans ces derniers tems des Millionnaires pourprêcher l’Evangile. Leur plus grand malheur est, qu’ils font rarement enbonne intelligence avec le Rajah de Tanjour, desorte que pour peu qu’ilfe trouve tranquille & en sûreté, il pense d’abord à les attaquer. En 1718il les attaqua avec toutes ses forces, & quoiqu'ií fût obligé de lever lesiégé, on a conjecturé que les piastres avoient fait plus d’esset que les bou-lets de canon. Depuis ce tems-là il y a eu tant de troubles fur la Côte déCoromandel, que les Danois ont couru moins de risque qu’auparavant ; &comme leur Commerce a repris vigueur, il y a de f apparence qu’ils trou-veront les moyens de fe rendre ou plus agréables ou plus redoutables àce Prince Indien, & ì’un ou l’autre ne peut manquer de produire un boneste t ) (' )ê
La conversion des Indiens à la Eoi Chrétienne à laquelle ils travaillentdoit naturellement avoir les suites les plus avantageuses. Ces Prosélytes &
leurs
O) Baltteus, Deícript. de la Côte de Ma- (r) Gesla & Vesligia Danorum in Oriente
labar. T. I. p. 74 . 3
(/?) Tiré des Lettres des Missionnaires.
(*) On a déja fait en grande partie ce que nous insinuons dans le Tenfp-accordant à la Compagnie la Ville & la Forteresse’de Tranquebar ^ rC£<lue ,
Octroi, elle eít obligée d’y tenir la Garnison complette, de payer la rente ammà^Rajah de Tanjour, & de faire les dépenses nécessaires pour l’entretien du Gouvernement (r). Comme le Commerce a toujours augmenté depuis, & que j a Compamietrafique à-présent régulièrement sur la Côte de Coromandel, à Bengale & à Canton«lans la Chine, il n’y a pas de doute que par degrés !e Commerce ne reçoive de nouveauxaccroissemens. Nous aurons occasion ailleurs de parler de l’attention extraordinaire oueles Peuples du Nord & la Couronne de Danemarc en particulier donnent au rétablissementdu Commerce, avec les suites que cela doit naturellement avoir, sur-tout sileeoArrlpo iri-couvertes s’en mêle. Une nouvelle route pour aller aux indes produiroit des effWs fur-prenans, comme il seroi; aisé de le démontrer par des raifonnemens, si .
ce qui s’est fait depuis que les Portugais ont ouvert celle du Cap de Bonn*. nr ' ^
rendoit tous les raifonnemens sourdes. P C *°nne-Esperance ne
(j) Recueil Hist, d’Actes, Négociations, Mcm, & Traités, par T.V p az