138 COMMERCE, COLONIES &c. DES DANOISSection Aussitôt qu’on vit naître une nouvelle ardeur pour le Commerce de cesdésordres que l’amoqr de l’argent & le jeu des Actions avoient produits, &Tranque- < I ue ^ es Puissances qui étoient en possession du Commerce firent voir qu’el-bar &c. les en connoissoient tout le prix par le zele qu’elles témoignèrent contre les
■■ -- premieres entreprises que l’on fit pour lui faire prendre un autre cours, le
tien^le Danemarc entra en ligne de compte, & l’on regarda cette Compagnie, quicette Cok- avolt àê si négligée, comme un fondement fur lequel on pouvoit élever unnie a fait bel édifice. On voit par-là que les Colonies ne doivent pas être méprisées, bien-rwVíWe:q U e par un concours d’événemens malheureux, elles tombent en décaden-deDwne- ce ’ car ^ Impossible de concevoir aucun effet de la Politique humaine,marc * à la si 1 ” ue soit soumis aux vicissitudes auxquelles toutes les choses de ce bas-mondeChine, font sujettes ; mais par-là même la prudence exige de la persévérance, par-ce que 11 l’on conserve la racine, la plante ne manque pas ds repousser, quandle mauvais tems est passé ; & lorfqu’on y pense le moins, elle excite, enfemontrant, l’attention requise pour la cultiver. Mais pour parler plus clai-rement, & pour reprendre le fil de l’Histoire, voyons comment le change-ment dont nous parlons s’est fait, & quels effets il a produits.
S E Ci-rante ans, depuis le 28 de Novembre 1670. Quand cet Octroi tendit à fa fin, on fit lesdémarches dont il a été parlé pour le faire renouvelle!'. Le Roi Frédéric IV. s’informaplus exactement de l’état de la Compagnie, & ayant compris qu'on ne pouvoit rien espé-rer de cette Société à moins qu’on ne mît ses Etablisseuiens aux Indes fur un meilleurpied-, & que l’on n’augmentát son fonds en Europe, il se détermina à envoyer des Mission-naires à ses dépens, comme le moyen le plus efficace pour réuíïïr (1). Dans le mêmetems il renouvella son Traité avec la Compagnie, & convint de prendre cent-mille livresde salpêtre, ou huit-mille écus, au-lieu des droits fur les Vaisseaux qui reviendroient, &dont la charge iroit à la valeur de cent-cinquante-mille écus & au-delà, s’enga"eant à' nerien exiger de plus quand même la valeur de la cargaison excéderoit infiniment cettesomme, & de ne demander rien si elle n’alloit pas à la valeur de cent-mille écus (2).Aussitôt que l’on fut instruit de l’heureux succès des travaux des Missionnaires, il formaun Conseil, comme nous savons dit, pour veiller dans la fuite fur cette Mission: atten-dant sans-doute une occasion favorable pour exécuter l’autre partie de son projet, démet-tre la Compagnie en état détendre son Commerce en augmentant son fonds. II neíaut donc pas être surpris que la proposition de !e faire fut bien reçue, & que Sa Majestéconsentit que les Etrangers eussent part.à ia nouvelle Souscription, puisque cela faciiicoitl’exécutìon d’un projet si avantageux à ses Sujets, dont faus un pareil secours le succèsparoissoit incertain.
(O Ll et-e-A Çhristianisme des Indes. p. S3J- (r) Corps Universel Diplomat, T S VIII. P.
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