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COMMERCE, COLONIES &c. DES DANOIS
Section il ne pouvoit voir par quel endroit cela pouvoit lui attirer le ressentimentV- d’aucune Puissance. Si cette Réponse parut claire & satisfaisante à la Cour
(Pun/nou- Danemarc, elle ne contenta nullement la Grande-Bretagne & la Hollan-velte Com- de / on dressa donc un nouveau Mémoire pour montrer rinsuffifance decet-pagnk à te Réponse, K que les Puissances Maritimes étoient en droit d’eípérer que SaAltena Majesté Danoise acquiesceroit à leurs demandes, & ôteroit fa protection à] a Compagnie. Le Comte de Chejlerfieìd & les Députés dc Leurs Hautes-Puissances remirent ce Mémoire à M. Greys, Ministre du Roi de Danemarcà la Haye dans l’Eté de 1729 (a). II ne paroît pas que depuis ce tems onait fait de nouvelles démarches fur ce sujet, ni que les droits de la Compa-gnie Danoise ayant été contestés.
Elle tour- Cette opposition si vive sembla d’abord répondre aux vues des Puissancesne à l'a- qui la formeront, mais f événement fut réellement favorable aux Danois.vantage frédéric IV. qui en ce tems-là avoit à peu près soixante ans, & qui étoittienne' également éloigné de s’embarrasser dans des disputes, & de sacrifier les droitsCrnpa- de fa Couronne & l’intérêt de ses Sujets, ne voulut pas soutenir la Compa-gnie. gnie d'Altena; mais en même tems il recommanda le Commerce des IndesOrientales au Prince Royal son fils, qui lui succéda quelque tems après fousle nom de Christian VI (b). Cela produisit un double effet: cela empêchaceux qui ne voulaient que négocier en Aérions de s’intéresser dans le fondsde la Compagnie, & détermina d’autres personnes à faire tout ce qui dé-pendait d’eux pour rétablir un Commerce, dont le prix étoit suffisammentdémontré par ia jalousie qu’iì avoit excité. Le terrible incendie de Copen-hague empêcha le Prince Royal de pouvoir faire grand’ chose pour faire fleu-rir le Commerce, durant la vie de son pere ; mais Iorsqu’il fut monté sur leTrône, & qu’il eut gagné 1 amour de ses Peuples par l’abolition de la Fer-me des Droits, qui avoit été établie quatre ans auparavant, & qui étoitfort à charge aux Danois, il résolut de Rappliquer à faire fleurir le Com-merce & à encourager de tout son pouvoir tout ce qui pouvoit réveiller le -goût de l’industrie parmi ses Sujets.
Christian Toute fa conduite tant au dedans qu’au dehors n’eut d’autre principe,&lhaffcti. il s’y prit avec tant d’adreflé qu’il réussit parfaitement dans ses vues. Tou-rcSi tes les affaires de la Compagnie furent peu à peu réglées , sa Maison, sesChantiers, & ses Magazins à Copenhague mis en bon état. Elle ouvrit dansun tems convenable un Commerce direct à la Chine, qui a été conduit avectant de prudence, qu’il a continué toujours depuis, & est devenu de plusen plus considérable dans l’espace de vingt ans. Les Missions ont aussi vuleurs succès se multiplier pendant le même intervalle, & on a rendu le Com-merce de Tranquebar plus régulier & plus lucratif qu’il ne l’étoit (c). IIest vrai que l’on peut dire que la Compagnie Danoise est peu considérableen comparaison des Compagnies Angloise & Hollandoise, mais c’est néan-moins une Compagnie & une Compagnie florissante en comparaison de cequ elle étoit au commencement de ce íìecle. Ce que ce Commerce pourra
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O) Roufit, 1. c. p. 37. (c) Ifltrod. à l’Hist. T. IV. p. 291.
(b) MercureHist. & Polit.,1730, p. 531.
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