Section
I.
PremièresCampa -gmeslmnçoises.
NouvelleCampa-gnie, fapremiersExpèdi -
tl'JU.
Elle entinte uneseconde.
148 CONQUETES, ÉTABLISSEMENS &c. DES FRANÇOISda départ da premier Vaisseau (a). Ce projet n'eut cependant aucune sui-te ; mais le même Gérard fit une nouvelle tentative fous le régné suivant,& avec le secours de quelques amis il obtint l’Etablissement d’une nouvel-le Compagnie par Lettres Patentes du Roi Louis XIII. du 2 Mars 1611 ;mais les mêmes difficultés qui avoient fait manquer le premier projet, sa-voir des disputes parmi les intéressés, & le manque de fonds produisirentun mauvais effet, desorte qu’il s’écoula quatre années fans qu’on entreprîtrien (b). Au bout de ce tems-là deux Marchands de Rouen, MuiJJ'on &Canis , demanderent au Roi le transport de ceprivilège, offrant de fairepartir dans le courant de l’année 1615 , des Vaisseaux chargés convenable-ment pour commencer le Commerce. La premiers Compagnie s’y opposa,& le Roi jugea à - propos de lui associer les Marchands de Rouen, & den’en faire qu’une feule Compagnie (r) (*).
On expédia donc des Lettres Patentes aux anciens & aux nouveaux inté-ressés, le 2 de Juillet 1615, qui furent enregistrées au Parlement le 2 Sep-tembre suivant. L’année suivante ils équipèrent deux bons Vaisseaux, &donnèrent le commandement du plus gros , avec le titre de Générai ,au Capitaine de Nets, qui c toit. au service du Roi dans la Marine ; l’au-tre Vaisseau fut donné au Capitaine de Bcaulìeu , qui n’avoit d’autre recom-mandation que son mérite ( d ). Le voyage fut à tous égards heureux &bien conduit, quoiqu’au bout du compte on n’en retirât pas grand fruit ;car le Président Hollandois aux Indes ayant publié un ordre à tous les Su-jets des Etats-Généraux qui étoient à bord de ces Vaisseaux de les quitterfur le champ, les Capitaines se trouvèrent dans_ì’impuissance de ramenerleurs Vaisseaux en France ; celui que commandoit le Capitaine deBeuiiIieufut vendu pour très-peu de chose dans Piste de Java, & ils apportèrenttous leurs effets fur le plus grand ; nonobstant ce malheur imprévu , &les grands fraix de cette entreprise, ils ménagèrent les choses avec tantde prudence, qu’on n’y perdit point (e).
Cela ne découragea pas la Compagnie, au contraire elle fit les prépa-ratifs nécessaires pour une seconde expédition , & prit toutes les pré-
cau-
(/*} Guyon , Histoire des Indes Orientales, (J) Relations de divers voyages curieuxT. III. p. 82, 83. par Meklús.Thevemt^Al 12S.
(b) Histoire de la Compagnie des In- (e) Discours fur le voyage du Généraldes, p. 15. de Beau lieu.
(ej Guyon, 1 . c. p, 85, L 6 -
(*) Les membres de la Compagnie se défendirent, en représentant que s’ils n’avoientpas mis des Vaisseaux en mer aussitôt qu’on s’y attendoit, ce n’étoitpas par leur faute,mais que le délai avoit été occasionné par divers incidens malheureux & imprévus ;Comme le fatal assassinat du Roi Henri IV. la mort inattendue de leur Protecteur le Duc dePsAmvilk, Amiral de France, & celle de plusieurs de leurs Capitaines & Pilotes; ce quin’empêchoit pas qu’ils ne fussent prêts à équiper des Vaisseaux aussitôt que leurs Rivaux (1).Ces représentations empêchèrent la Cour de leur ôter leur privilège, elle fur associa seu-lement ceux qui avoient envie d’entreprendre le même Commerce, & leur accorda le droitexclusif de trafiquer aux Indes pour douze années (2).
(s) Dictionn, de Commerce T. 1 . p. (2) Hist. dc la Compagnie des Indes, p. 1(2.