DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. IX.h'Uit-cens hommes, mais bâtit une centaine de nouvelles maisons, & traça Sectionle plan régulier d’une grande ville, & par fa prudence & fa bonne con- in-duite , il y attira en quatre ou cinq ans plus de cinquante à soixante-mille desajfaireshabitans, enforte qu’en 1710 elle étoit une des plus considérables Places deiaCm*.que les Européens eussent aux Indes; <A li l’état des affaires de la Compagnie pagnieen Europe eût répondu à ce que M. Martin faifoit en Orient, la Compa-* nt * esgnie de France auroit bientôt en fait de Commerce été de pair avec les An- ^ c 'glois & les Hollandois ses voisins (a) (*).
Mais tant s’en faut, M. Martin & ses successeurs furent obligés de trou- La Fillever les moyens de se soutenir par eux-mêmes, & la Ville & le Comptoir aggramliepar le Commerce, & par l’industrie des Indiens qui y étoient habitués, ils f Qn e ™~ì ceurent tant de bonheur à cet égard, que tandis que la Compagnie s’affoi- nouvellesblissoit de jour en jour, tout’ne respiroit que l’abondance & la prospérité muraillesàPondichery, & personne n’étoit embarrasse que les Gouverneurs & leur aux dépensConseil, qui ne furent cependant jamais tentés de charger le peuple ex- desceffivement, ni d’améliorer leur condition, en mettant une partie du far - tam 'deau fur les autres.. II est vrai que quand la ville s’aggrandit, on jugeaqu’il falloit l’environner de nouvelles murailles ; mais quelque évidente quefût la nécessité de cet ouvrage, &quelqu’avancageux qu’il fût aux habitans,le Gouverneur trouva qu’il étoit impossible de fournir aux fraix fans le con-cours des habitans. Pour y réussir, il se conduisit avec autant d’intégrité quede sagesse. II fit d’abord tracer l’enceinte de la muraille, & en fit con ■struire une partie à chaque bout, & par-là il fit voir au peuple les avanta-ges de cet ouvrage, & les fraix qu’il exigeoit ; déserté que lorsqu’il taxa leshabitans à donner chacun deux sols par mois, ils furent très - contens, &au-lieu de se plaindre & de murmurer ils payerent cette légere taxe avec
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(*) Ce qui attira fur-tout les Naturels du Pays, & particulièrement les Tisserands, lesTeinturiers, les Peintres, & autres Ouvriers, & les engagea às’établirà Pondichery ,c’étoit la liberté & la protection qu’ils y trouvoient, & le prompt débit de leurs ouvra-ges. Les Ânglois, les Hollandois & les Danois ont à-la-vérité des Forts & des Logesdans le voiíìnage, où ils auroient été bien reçus &.également en sûreté, mais pas à desconditions fi aisées, & ils n’auroient pas eu autant de liberté. On doit en partie attri-buer ce gouvernement doux & équitable au caractère, à l’expérience & à la probité de M.
■ Martin ; mais il faut auslì considérer que les François étoient les derniers venus, q'u’ilsétoient plus foibles, & qu’ils étoient fort intéressés à engager les naturels à s’étabíir fousleur Forteresse (t). 11 y a lieu d’être surpris qu’ils ayent pu occuper les Indiens, & les pa-yer à l’écbéance, nonobstant le peu de secours qu’ils recevoient del’Europe; mais com-me leur propre subsistance, & le soutien de la Place dépendoient entierement de bienménager cet article, ils étoient Commissionnaires de tous les Etrangers qui voûtaient lesemployer; par ce moyen ils vivoient en bonne intelligence avec leurs voisins, & don-floìént en même teins de l’ouvrage à leurs Sujets; leurs gains étoient à-la-vérité petits,
Mais ils étoient quelque chose ; ce qui pour des gens qui n’avoient presque pas d’autreRessource, étoit d’une si grande conséquence, qu’il est aisé de rendre raison de leurExacte justice, & des autres bonnes qualités qui les firent tant estimer des naturels detoutes les Religions (2).
fi) Norbert , Mém. Hist. sur les Missions da f») Sur dis informations particulières*
Malabar, T, U. P. 1S0.