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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. IX.h'Uit-cens hommes, mais bâtit une centaine de nouvelles maisons, & traça Sectionle plan régulier dune grande ville, & par fa prudence & fa bonne con- in-duite , il y attira en quatre ou cinq ans plus de cinquante à soixante-mille desajfaireshabitans, enforte quen 1710 elle étoit une des plus considérables Places deiaCm*.que les Européens eussent aux Indes; <A li létat des affaires de la Compagnie pagnieen Europe eût répondu à ce que M. Martin faifoit en Orient, la Compa-* nt * esgnie de France auroit bientôt en fait de Commerce été de pair avec les An- ^ c 'glois & les Hollandois ses voisins (a) (*).

Mais tant sen faut, M. Martin & ses successeurs furent obligés de trou- La Fillever les moyens de se soutenir par eux-mêmes, & la Ville & le Comptoir aggramliepar le Commerce, & par lindustrie des Indiens qui y étoient habitués, ils f Qn e~ì ceurent tant de bonheur à cet égard, que tandis que la Compagnie saffoi- nouvellesblissoit de jour en jour, toutne respiroit que labondance & la prospérité muraillesàPondichery, & personne nétoit embarrasse que les Gouverneurs & leur aux dépensConseil, qui ne furent cependant jamais tentés de charger le peuple ex- desceffivement, ni daméliorer leur condition, en mettant une partie du far - tam 'deau fur les autres.. II est vrai que quand la ville saggrandit, on jugeaquil falloit lenvironner de nouvelles murailles ; mais quelque évidente quefût la nécessité de cet ouvrage, &quelquavancageux quil fût aux habitans,le Gouverneur trouva quil étoit impossible de fournir aux fraix fans le con-cours des habitans. Pour y réussir, il se conduisit avec autant dintégrité quede sagesse. II fit dabord tracer lenceinte de la muraille, & en fit construire une partie à chaque bout, & par- il fit voir au peuple les avanta-ges de cet ouvrage, & les fraix quil exigeoit ; déserté que lorsquil taxa leshabitans à donner chacun deux sols par mois, ils furent très - contens, &au-lieu de se plaindre & de murmurer ils payerent cette légere taxe avec

(«) Hist. des Indes-Orient. 1. c. p. 247. J ole 3

(*) Ce qui attira fur-tout les Naturels du Pays, & particulièrement les Tisserands, lesTeinturiers, les Peintres, & autres Ouvriers, & les engagea àsétablirà Pondichery ,cétoit la liberté & la protection quils y trouvoient, & le prompt débit de leurs ouvra-ges. Les Ânglois, les Hollandois & les Danois ont à-la-vérité des Forts & des Logesdans le voiíìnage, ils auroient été bien reçus &.également en sûreté, mais pas à desconditions fi aisées, & ils nauroient pas eu autant de liberté. On doit en partie attri-buer ce gouvernement doux & équitable au caractère, à lexpérience & à la probité de M.

Martin ; mais il faut auslì considérer que les François étoient les derniers venus, q'uilsétoient plus foibles, & quils étoient fort intéressés à engager les naturels à sétabíir fousleur Forteresse (t). 11 y a lieu dêtre surpris quils ayent pu occuper les Indiens, & les pa-yer à lécbéance, nonobstant le peu de secours quils recevoient delEurope; mais com-me leur propre subsistance, & le soutien de la Place dépendoient entierement de bienménager cet article, ils étoient Commissionnaires de tous les Etrangers qui voûtaient lesemployer; par ce moyen ils vivoient en bonne intelligence avec leurs voisins, & don-floìént en même teins de louvrage à leurs Sujets; leurs gains étoient à-la-vérité petits,

Mais ils étoient quelque chose ; ce qui pour des gens qui navoient presque pas dautreRessource, étoit dune si grande conséquence, quil est aisé de rendre raison de leurExacte justice, & des autres bonnes qualités qui les firent tant estimer des naturels detoutes les Religions (2).

fi) Norbert , Mém. Hist. sur les Missions da f») Sur dis informations particulières*

Malabar, T, U. P. 1S0.