DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. IX. i 99
dans le meilleur ordre qu’iì leur fût possible, & ils fournirent aux Directeurs íectioïiles sommes nécessaires pour augmenter leur Commerce, ensorte que dans vu.l'espace de deux ans les retours doublèrent, & trois ans après ils triplèrent. p* tedePar-là les ventes au Port de Y Orient devinrent régulières & considérables,
& augmenteront à un tel point, que celle de Tannée 1742 monta à vingt- pagniequatre millions de livres, non compris pour quatre millions de marchandi- fifc.ses qu’on laissa dans les magazins, & les premiers Vaisseaux qui arrive- " —'rent en 1743 apportèrent encore de plus riches cargaisons. Cette révo-lution surprenante dans les affaires de la Compagnie allarma & étonna toutel’Europe, mais sur-tout les Puissances maritimes, qui virent avec chagrinqu’une Compagnie, qu’ils avoient regardée peu d années auparavant com-me perdue & ruinée, montoit à un auíìi haut point de crédit qu'aucune desleurs («). Mais leur chagrin auroit été en grande partie fort adouci, si el-les avoient seulement soupçonné que cette prospérité étoit à bien deségards artificielle, & par conséquent plus exposée à des revers qu’ellene le paroiffoit (*).
On peut voir par-là les grands avantages que la France a retirés delapra- p n fl ucí!cetique des maximes que le Régent avoit introduites, & qui sembloient ré- que le foingner à la Cour durant le Ministère pacifique du Cardinal de Fleurs. Onáp -pur cetteperçoit aussi les véritables motifs qui engagerent à avoir en de certaines Cm P“S meoccasions une complaisance réelle ou apparente pour les Puissances mariti- “^Systèmemes, parceque, comme la fuite le fera voir, la moindre rupture avec e\- politiqueles auroit exposé ce Système délicat à des orages & à des tempêtes, qu’il ^France,n’auroit pas été en état de soutenir ; c’est ce qui nous fait aussi compren-dre pourquoi la Cour de Versailles entra si aisément, & persista si constam-ment dans les mesures que l’on jugea nécessaires pour procurer d’abord Tin-terruption & ensuite la fiippression de 1 a Compagnie F Ostende. Les Mi-nistres savoient que si cet Etablissement reuffiíToit, il falloit que ce sût auxdépens de quelque autre, & vraisemblablement du leur , parcequ’il étoitle plus foible, & qu’il T étoit véritablement au-delà de ce qu’amis & enne-mis ne le croyoient. Si ces raisons n’empêcherent pas la guerre avec l’Em-
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(a) Hift. des Indes Orientales, I. c. p. 3 6 g, 37 2 -
C’est à ce puissant secours donné fi à propos, que la Compagnie des Indes est re-devable d’une nouvelle vie, & de la solidité de son Etablissement. La situation desaf-fiiveí en France en ce tems-là étoit telle, que les Coffres da Roi auroient été pleins,fi l’on avoit pris le prudent parti d’employer pour le service de la Nation ces gran-it sommes nui auroient été inutiles dans les Coffres du Roi, fans qu il courût risque der- pHrè mr cette judicieuse confiance. On volt clairement par ia que quelque con-' e P P .-h. a l’esorit du Commerce le pouvoir arbitraire, il peut cependant, quandîínfivuc 8 í honnêtes gens savent le bien ménager, être d’une utilité infinie au Com-2S (Vl S ?eS«c évidente que cette conséquence soit ç, le. fui,,, il f„, «.pendant considérer EUfíi! que ce secou.s eil d'un genre íi enraord,nuire, qu li ne peutvoir lieu souvent, & qu’ainsi on ne peut y compter: c est-la une observation impôt tantettuffi, que par cette raison nous expliquerons avec plus d étendue dans la Note suivante.
(1) Essai sur la Marine & fui le Commerce, p, 123,