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II.
Découver-tes de di-vers Na-vigateurs
Ifte desChiens.
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308 HIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Chap. XII.de, qui avoient envie d’équiper des Vaisseaux à leurs dépens pour faire denouvelles découvertes. Us regardoient comme une chose odieuse, que leGouvernement, contre la loi de la Nature, les empêchât de profiter descirconstances sagement ménagées par la Providence. Du nombre de cesmécontens étoit Isaac Le Maire , riche Marchand d’Amsterdam, habile Né-gociant , hardi, entreprenant & homme de tête. II souhaittoit fortd’employer une partie des richesses qu’il avoit acquises dans le Com-merce pour le bien & l’avantage de la postérité , & de se faire uneréputation par ses découvertes. II s’en entretint avec Guillaume Schoulen,Marinier expérimenté qui avoit déja fait trois fois le voyage des Indes O-rientales, en qualité de Pilote, de Maître & de Commis. Le Maire luidemanda s’il ne croyoit pas qu’on pût trouver un autre chemin quecelui du Détroit de Magellan pour entrer dans la Mer du Sud ; & si en casque l’on en trouvât un les Pays au Sud de ce passage ne fourniroient pas au-tant de riches marchandises que les Indes Orientales & Occidentales?ten répondit qu’il y avoit toute apparence qu’on pouvoit aller à la Mer dirSud par une autre route, & qu’il ne doutoit pas que les Pays au Sud nefussent très-fertiles & très-riches. Après plusieurs conversations fur ce su-jet , ils se déterminèrent à tenter cette entreprise , pleinement persuadésque le dessein des Etats-Généraux, en accordant un Octroi à la Compa-gnie , n’étoit pas d’ôter à leurs Sujets la liberté de découvrir des Terres auSud , par un nouveau chemin différent de ceux du Détroit de Magellan <Ldu Cap de Bonne-Espérance. Ils firent donc un Traité ensemble , & équipè-rent auPrintems de lan 1615 deux Vaisseaux,, dont Sclwuten eut le commande-ment : Jaques Le Mah e , fils d 'Isaac , l’accompagna en qualité de Commis (a).
Nous ne suivrons pas nos deux Voyageurs dans toute leur route , nousnous bornerons aux découvertes qu’ils firent du côté des Terres Austra-les. Après avoir découvert & passé un nouveau Détroit, qu’on appellale Détroit de Le Maire , ils reconnurent une Isie basse & de peu d’é-tendue. • On y trouva beaucoup de poisson , de serpens de mer , desmouettes,- on y vit aussi trois chiens semblables à ceux d’Europe, maisqui 11’abboyoient point ; les Matelots apportèrent quantité d’herbes, qui a-voient à peu près le goût du cresson , mais ils ne rencontrèrent pointd’eau douce. II y avoit d’un côté de Fille une bordure d’arbres verds 7allignés comme au long d’une digue, qui formóient un bel aspect. CetteIsie, qu’ils appellerent 1 ’ljle des Chiens , a environ trois lieues de tour &gît par les quinze degrés, à neuf-cens-vingt-cinq lieues de la Côte du Pé-rou, selon l’estime (/;) (*).
Qua-
(a)Voy. pour PEtîbl.de la Compagnie &c. (£) Là-même, p. r4o, 14t.
T. VIII. p, 114 & fuiv.
cn changer la forme, en supprimant ce qui n’á point un rapport direct aux Terres Austra-les, en suivant les Auteurs originaux, au-licu qu’ils ont suivi l’ílistoire des Navigation*Australes, en ajoutant diverses circonstances importantes qu’ils ont négligées, & en réunissant autant qu’il a été possible, ce qui sc trouve sur les mêmes lieux dans les diverseslacions. Rem. du Trad,
(*) Cette ifle est vraisemblablement une de-celles que Magellan, au rapport dé