îUSX. DE' L’EMPIRE OTHOMAN. Liv. XVIII. Chap. I. Z 77
que les Turcs, quoique ceux-ci leur soient tout-à-fait opposés du côté des Originemœurs & de la maniéré de vivre (a). II n’est pas fort surprenant que lesOtho-Turcs diffèrent d’eux aujourd’hui à cet égard, mais il y a beaucoup d’ap- ^parence que dans lé tems qu’ils vîvoient dans les déserts, ils avoient une merscom-grande conformité de mœurs soit avec les Karakalpaks , soit avec les Tur- mencmms.eomans , leurs voisins (*), dont on a reproché aux Turcs Othomans & — 1Seljucides d’être descendus. Mais dans lé fond la question du Pays & dela Nation dont ils font originaires , dont on s’embarrasse si fort, est unarticle ridicule & frivole, puisque si un Peuple est méchant, ion origine quel-le qu elle soit, ne peut lui faire honneur, ni le déshonorer s’il est vertueux.
Bien-que les Historiens Turcs fassent remonter la généalogie des Turcs AncêtresOthomans jusqu’à Oguz & même jusqu à Japhet , cinq générations plus haut, ^Oth-on ne volt pas cependant que l’on puisse placer les ancêtres á'Othman a- man *vec quelque certitude au-deîà du troisième degré, ou de son biíayeul ; carCantimìr avoue lui-même (b) que les Ecrivains Turcs ne nous donnent fureux aucune lumière capable de nous satisfaire (f). Suivant la tradition re-çue du tems de Clmlcondyle, les Ancêtres á’Othman e'toient Ertogrul, Ogu-zalpes, & Duzalpes; que les Annales Turques, Saadi Efsendi , & d’autresAuteurs Orientaux nomment Ertogrul, Soliman Shah òc Kiya-AIeb , quequelques-uns appellent Kiya Khan.
Les Historiens Turcs disent fort peu de chose de Kiya Khan pere de So-liman Shah , & même des trois Ancêtres immédiats á’Othman ; & le peu qu’ilsen disent, est sujet encore à bien des difficultés.
Saadi Effenài, Auteur des Annales si estimées des Turcs, rapporte d'a-près d’anciens Auteurs, que dans le tems que la Tribu Seíjucide quitta leMawara’lnahr, ou le Pays situé au-delà de i’Oxus, pour occuper l’Iran ,ou la Perse en général, au midi de ce Fleuve, Kiya Khan pere de SolimanShah, Prince des Oguziens, partit avec fa Tribu de Maru Shahjan , & sesaisit de la ville de Machan (j) (c) ; mais après l’irruption de Jenghiz Khan,
So-
0) Cantimìr , Préface, p. m . ?S . (c) V'Herbelot . Bibliot. Orient, p. 822.
{b) Idem ibid.
(+) Les Annales Turques disent, qu 'Ertogrul demeura pendant un tems près de l’Eu-phrate, dans des habitations mobiles, comme les habitans de la Tartarie.
(t) 11 avoue même que les Savans Turcs reconnoiffent que toute PHiftoire Othonu-he avant Soliman sent la fable.
(|) Makhan ou Mahan est une ville entre Bawerd ou Iburd & Durun, pas loin de l’A-Hiu, & environ à cent-soixante milles de la Mer Caspienne. Cantimìr , d’après quelqueAuteur Turc, nomme Neic 1* ville d’oìi Kiya partit, bien -qu'il ne sache ou la placer,fie la trouvant point sur les Cartes Géographiques des Chrétiens, il suppose que c’est oùtíerat Capitale du Khorasan ou Nurketzur dans le Mazanderan donc il fait une partie duGhilan; mais la premiere de ces villes n’est pas voisine de la Mer Caspienne, commel’est Nerc, suivant les Turcs ; & l’autre est trop hors de la route en venant de Maru Shah-jan & de Mahan. Nous soupçonnons qu’il a lu Ntre pour Neza, n’y ayant qu'un pointde différence entre le r & le z des Arabes. Cette ville de Neza, Nesa ou Nesay , ainsiqu’elle est nommée dans PHistoire d’Abulghazi Khan, est située entre Mahan & Maru Shah-jan, distante de Pune & de l’autre d’environ cent-quarante milles ; & oa Pappelle la Pt-tite Damas à cause de sa charmante situation.
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