O T H M A N, PREMIER SULTAN. Z97
des courses, desorte que ceux de Soliman P axis commettoient les mê- 1704;nies hostilités fous les enseignes des autres, qu’ils auroient faites fous les —■ ■ ■
siennes (a) (*).
En un mot, il y avoit alors plusieurs Corps de Turcs en armes fous dis- Chefs desférens Chefs, comme Atman (Othman) Atine (Aydin) Alisuras Mancâk - Turcs *kia (f) Lamises, Sfondiìe, Pagdin & autres, qui comme un feu dévorantavoient consumé tout le Pays (f). L’Empereur n’avoit point de Troupesà opposer à l’ennemi; il ne restoit qu’une ressource pour en lever, qui futde prendre le fond des pensions que l’Empereur payoit aux Eglises & auxMonastères, & même aux Compagnies de ses Gardes. L’Empereur Michel,ne pouvant demeurer en sûreté à Pergame, se rendit avec ses Troupes áCy-sique, où ceux qui purent échapper aux Turcs, se sauvèrent avec leurs ef-fets; mais craignant d’y être assiégé, il se retira à Piga, petite ville dansle voisinage de la mer, où il tomba dangereusement malade de tristesse &de chagrin. Un peu avant, il y eut le 8 d’Août un tremblement de terre,qui fut si foible aux environs de Constantinople qu'on s’en apperçut àpeine , mais à Rhodes il fut si violent & causa tant de désordres qu’on n’enavoit jamais vu de pareil. II fut aussi fort grand à Alexandrie & aux envi-rons. 11 ébranla Coron, Méthone, une partie de la Morée & fille de Can-die , & causa beaucoup de dommage dans tous ces lieux.
Au mois de Septembre suivant, en la seconde Indiction (§) , on vit ar- Arrivéeriver sur les prières de l’Empereur Roger (**) avec sept Vaisseaux & une f 5 Cata 'Flotte de ses Alliés, tant Catalans qu? Atnogavares (ff), au nombre d’envi- ans ’ron huit-mille. Ce Roger avoit servi dans les guerres entre les Rois de Si-cile & de Naples. Lorsque ces guerres furent terminées, il eut recours àl’Empereur, pour ne pas tomber entre les mains du Pape, qui l’avoit de-mandé. Fernand Ximenez étoit arrivé avant lui, pour servir contre lesTurcs à la solde de l’Empereur. Ce Prince, charmé de se voir assuré d’un stpuissant secours, honora Roger du titre de Grand-Duc, & hú fit épouser saniece;mais ses Troupes ayant passé à Cysique, commirent toutes sortes deviolentes, pillèrent les villes, enlevèrent les femmes, & traitèrent les ha-bitans comme des esclaves. Fernand fit tous ses efforts pour arrêter ces dé-sordres, mais n’ayant pu rien gagner, il s’en retourna avec ses Troupes dansson Pays ; & l’Empereur Michel refusa de voir le Grand-Duc , quand ilvint pour lui rendre visite à Piga.
L’Empereur n’ayant pas assez de Troupes à opposer aux ennemis, eut re- Sardes
cours garantie „
(r/) Pachymere L. X. Ch. 15 , 17, 19,20, 25, 2S, 29, 30.
(*) L’usage moderne des Princes qui prêtent dès troupes contre leurs Alliés, ressenfible assez à cela.
(t) Nommé dans la fuite Car aman Mantakhia.
(j) L’Auteur dit tout ce qui est au-dessus de la Bithynìe, de la il/y/íè, de la Phrygie &de la fiyd/tfjtnais il ne paroìt pas qu'il restât rien aux Grecs dans la Phrygie, & très-peude chose dans les trois autres Provinces.
(§) Ce qui répond à l’an 1304.
(**) Nommée par d’autres iionzorius ou Rouzerius.
Ct t j Pachymre croit qu’ils tiroient leur origine des Avares. L. XI. Ch. rr.
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