IZ46- 1
ORCHAN, SECOND SUL'TA N. 4l?
cf Orchan , en fit demander à Sar c an Sultan (*) de Lydie, qui lui donna desTroupes avec joie. Amir, fâché de voir ces Troupes marcher contre l'Em-pereur son ami, résolut de lui rendre service du mieux qu’il pourroit. IIchoisit deux-mille hommes, qu’il envoya en Thrace avec les Troupes deSarcan , comme cela étoit d’usage quand les Turcs alloient à quelque expé-dition, II donna des ordres secrets à ceux qui commandoient ce Corps, depasier du côté de Cantacuzene, en cas qu on ne pût gagner les soldats deSarcan, Ceux - ci demeurèrent incertains jusqu’à ce qu’ils vident l’Einpe-reur prêt à leur donner bataille ; alors ils lui firent offrir leurs services, enle priant de leur permettre d’alíer auparavant à Constantinople pour rece-voir l’argent que l’Impératrice Anne avoit promis à leur Maître. Ils n’ymanquèrent point, mais l’Empereur n’ayant plus besoin d’eux à leur retour,les congédia. Ces Peuples accoutumés au pillage, croyant que c’étoit uneperte pour eux que de s’en retourner les mains vuides, firent le dégât enÊulgarie, & s’en retournèrent chargés de butin dans leur Pays (a).
La paix ayant été conclue quelque tems après entre les deux Partis, Can- Orchantaciizcnc fut reconnu Empereur conjointement avec' Jean Paìéologue , qui fend vìftten’avoit que quinze ans. Orchan I’ayant appris vint avec toute fa famille à à Can j a -Scutarion (f) pour l’enféliciter. L’Empereur y passa, ils se réjouirent en-semble plusieurs jours, & prirent le divertissement de la chasse. L’Empe- Jreur & Orchan étoient assis à la même table, & les quatre fils que ce Sul-tan avoit eus de ses autres femmes étoient à une autre ; les plus qualifiésd’entre les Romains & les Turcs étoient astis fur des tapis. Après ces di-vertistemens Orchan demeura fur ses Vaisseaux, & Théodore fa femme vintavec l’Empereur son pere & ses quatre beauxfreres à Constantinople, où el-le demeura trois jours, au bout desquels elle retourna en Bithynie.
Peu de tems après le Craie de .Servie ayant attaqué 1 Empire, Cantacuzene Jljuî don-demanda du secours à Orchan son gendre: il lui enyova^aussitôt dix-mille nehommes commandés par ses quatre fils & par Solíman. L Empereur envo - çou,s -ya avec eux Matthieu son fils à la tête d’un petit Corps de Romains, & illeur défendit de faire aucun désordre fur les Terres de l’Empire. Mais aussitôtqu’ils furent arrivés à Mygdonie, apprenant que le Pays des environs rele-vois du Craie, il s se mirent à piller malgré leurs Commandans. Ils massacrè-rent un grand nombre d’habitans, firent beaucoup de prisonniers, & s’enretournèrent ensuite par l’Hellespont chargés de butin: ce fut-là tout le fer- .vice que l’Empereur tira d’eux.
Quelque tems après deux-mille Turcs ayant traversé l’Hellespont, fiai- Turcssoient ie dégât en Thrace. _ L’Empereur les rencontra lorsqu’ìls s’en rc-Jaii,tournoient avec leur butin, il les tailla en pieces la plupart avec un de leurs I 35*Chefs nommé Kara Mehemet : ceux qui échappèrent avec Martuman , l’au-tre Capitaine ,fe rendirent & furent renvoyés chez eux. Vans le même tems
Maf-ia) Cantacuzene, Ch. §z & íuiv.
(*) Dans l’original il y a Gouverneur ou Satrape, tant les Auteurs Grecs font peuexacts.
(t) Communément nommé Smart, fur le Bosphore, à i’oppofìte de Constantinople.
Tome FIJI. Ggg
âá-