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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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BAJAZET, QUATRIEMESULTAN 431fusa l’entrée, & lui ordonna de s’en retourner effacer la honte de fa défai- izso.te, disant „ qu’elle aimoit mieux qtï’il pérît par la main de f ennemi, que da- «

„ voir à se reprocher l’infamie de devoir la vie à une femme.”

Etienne , le cœur percé des reproches de fa mere, sé loigna de la ville ; il Ile ftrencontra un Trompette, & lui ordonna de sonner de nouveau la charge.Louze-mille Moldaves échappés au carnage fe rejoignent en un clin d’œil. veStLe Prince à leur tête vient fondre fur les ennemis épars dans la campagnepour amasser le butin, & les met en fuite à son tour. Pouffant alors jufqu’àVashluy , qui est à vingt milles de Jafiì Capitale de la Moldavie, il gagnela Tente Impériale de Bajazet , renverse tout ce qui ose lui faire téte(*), &oblige cet Empereur, qui é toit la terreur de l’Univers,de fe retirer avec unetrès-petite fuite à Andrinople.

Car aman Ogli ayant appris cette défaite de BajaZet , crut que le moment Caramanétoit venu d’humilier la Puissance Othomane, mit tout à feu & à sang fur Ogli tué.les terres des Turcs en Asie, & vint assiéger Kutahia. Ëajizet , plus ir-rité que découragé, leve une armée en Europe avec son activité ordinai-re (j-), passe en Asie, & se trouve aux prises avec l’ennemi, avant que ce-lui-ci eût le moindre soupçon de fa marche : dès le premier choc il défit lesTroupes de Caraman Ogli (J.), qui étoient répandues en différens endroits.

Ce Prince prit la fuite avec ses fils pour fe sauver à Acjamì , mais il surpris,par ceux qui le poursuivoient; on l’amena á Bajazet , qui sur le champlui fit couper la tête ; fes deux fils furent condamnés à une prison perpé-tuelle & renfermés à Prufe. Ainsi toute laCaramanie fut assujettie à Bajazet.

En Europe, il prit fur le Danube Nigcboli, SiHjlre & Urïijichyk. E'annéesuivante il réduisit en Asie A ma fie, Tokad , Nikfar, Samsun Ôí jfanik (§) ,qui obéissoient à Sultan Burhan Elledin (**).

De-

00 Cette seconde bataille fut une déroute complette : sept vastes monceaux de Turcstués dans le combat furent de sûrs témoins d’une victoire si signalée, dont Uczufen , fideleHistorien Turc, rend témoignage. Cantimir.

(f J Les Historiens Turcs, pour louer dignement la promptitude avec laquelle ce Prin-ce assembloit fes forces, marchoit & attaquoit fes ennemis, disent que la vitesse naturelledes Tartares comparée à celle de Bajazet étoit comme des limaçons qui se traînent lente,nient. Ce Prince paroissoit en Asie quand on le croyoit en Europe, & sa marche é-toit à peine connue. Aussi les Turcs lui donnerent le nom d 'ílderìm, qui veut dire é-clair. 11 ne communiquoit fes desseins à personne, & il exécutoit lui-même les affaires lesplus difficiles. Cantimir.

(H Cantimir dans fa Préface p. m. 68 dit, que les Cara.nans font mh contre toute raisonnu nombre des Oguziens, qie Caraman tige de cette famille fut l'un des Satrabes Persansfcoucrent te joug au tems de l'invafìon de Jenghiz Kh m. Mais il ne coníl-déroic pas ou ilignoroit que ceux qu’il appellent Persans étoient des Seljucides, & que les Seljucides déri-vent leur origine à' 0 guz\ & il y a de l’apparence que c’est à leur exemple que les Otho-

Nans en ont fait de même. . , ,

(§) L'Auteur auroitpu ajouter Stvas ou banane , qui tomba alors ou peu âpres fous laPuissance de Bajazet', car suivant les Annales Turques d uGaudhr, le Sultan ayant mat.c hé à cette ville l’an 797 ou 1394, Cadi Butlun la lui remit, & il y établit pour Gouver-neur Soli nan son fils.

(**) On peut conjecturer que ce fut l’un des Gouverneurs Persans révoltés; son Paysfcisoit partie de la haute Arménie. Cantimir. Suivant Arahdvih, Hist. de TimurL. IV. ílS a ppeiloit lútJi Burh.tm'ddin slbul Abbas Âhm^d. 11 étoit Seigneur de Céserée, 1 uiiat