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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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BAJAZET, QUATRIEME SULTAN. 435

Prançois * Italiens se trouvèrent en Hongrie ,& s’étant joints à Sigìmond,

Craie de ce Pays & Roi des Romains , ils passerent le Danube à Nicopolis. —Bajazct assembla toutes les forces de son Empire, passa le long de Philippo-

polis, & des montagnes voisines des marais, & les attendit

Le lendemain les Chrétiens parurent à la vue des Turcs,'& ayant fait la lissanttortue rompirent le corps de bataille des ennemis, & fondirent mfques fur {ìé s aitS '

1 arnere-garde. Lorsque les Flamans virent que les Turcs qui combat-toient avec des frondes ou des arcs, commençoient à prendre la fuite ilsles poursuivirent en désordre, & en firent un grand carnage Alors UsGardes du Palais de Bajazct (*), ramassés de diverses Nations Chrétiennessortirent de leur embuscade, fondirent avec un grand cri & avec une ex’trême impétuosité sur les François & fur les Hongrois, les enveloppèrentles taillèrent en pieces, & mirent le reste en fuite. Lorsque les Flamanss appel jurent de la déroute des Hongrois y ils prirent eux-mêmes la fuite& furent poursuivis jusqu’aux bords du Danube, où ceux qui échappèrentau glaive se noyèrent. Plusieurs Seigneurs de grande qualité furent faitsprisonniers, entre autres le Duc de Bourgogne, Comte de Flandre, que Ba-jazet envoya à Prose, & de qui il tira depuis une grosse rançon.

Le Sultan, enflé de 1 heureux succès de cette journée, envoya sommer ManuelEmpereur de lui rendre Constantinople; mais il ne daigna pas seulement résignelui faire réponse. Bajazct affectant alors d’appuyerles droits que Jean fils ! ’^ w P íreà'Anémique (t) avoit à FEmpire, fit dire à Manuel, que s’il vouloir céder i Jeanle Trône au légitime héritier il poseroit les armes, & entretiendrait la paix ^avec la ville. Manuel, qm e'toit un Prince fort sage, craignant que le Peu-ple, qui commençoit a se diviser, ne fût contraint par la disette qui aug-mentoit de jour en jour, de renoncer a sa foi, & de livrer son Pays pritla résolution la plus prudente : ce fut d’envoyer traiter avec son neveu Jean,qui étoit avec dix-mille Turcs aux environs de Constantinople : il lui offritde lui céder la ville, pourvu qu’il lui permît de prendre les Galères oui é-toient au port, & de se retirer où il lui plairoit. Le Traité se conclut,

Manuel mit Jean en possession du Palais, -'embarqua fur les Galères avec fàfemme & íesenfans,& partit. ^ avec ia

Manuel étant arrivé à la Morée, laissa à Modon Flmpératrice fa femme& deux petits enfans, Jean & Théodore, renvoya ses Galères, & montafur un grand Vaisseau, avec lequel il alla à Venise; de-Ià ayant parcourutoute 1 Italie, il passa en France^ en Allemagne. Tous les Princes chezqui il pasla lui rendirent de grands honneurs, & lui firent de magnifiques pré-levs. II retourna ensuite a Venise, & de-là à Modon, où il attendit tran-quillement de voir la ruine de FEmpire.

Bajazet s’imaginoit que Jean luì rendroit Constantinople, comme ils enétoient convenus, & il avoit promis de lui abandonner en échange la Mo-rée,

Cela doit s’entendre des Janissaires qui gardent le Palais, que l’Auteur appelle la

Ct) Fils de Jan Paléologne & frerede Manuel ; il avoit eu Sélivrée, & c’étoit h seuleplace qui restoit a Ion n!s Jean âpres fa mort.

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