BAJAZET, QUATRIEME SULTAN. 43?mit sous la protection de Timur, & l’excita à faire la guerre au Monar- 1397.que Othomap. --
Ce fut en 804 que ce Conquérant se mit en marche pour aller com- Bajazetbattre Bajazet. Les deux armées fe rencontrèrent proche de Prufe : 1 k fè vaincudonna une des plus sanglantes batailles qui fut jamais, car plus de trois* 804.cens-quarante-mille morts de part & d’autre resterent fur la p ace. La vie- I4 ° u Jtoire à la fin fe déclara contre les Turcs,- Mustapha fils ainé de Bajazet futtué combattant avec une extrême valeur. Le Sultan lui-même fut pris, &enfermé dans une cage de fer, où il finit fes jours. Timur entra dans Prufe,
& soumit toute f Asie à fes Loix (a).
Cette Relation de la guerre dont il s’agit est si concise & si peu exacte, Critiqueque l’on diroit que les Turcs n’en ont pas de bons Mémoires; car ni le tems de laReini le lieu où fe donna la bataille, ni le traitement que reçut Bajazet ne font l Jd tion .rapportés selon la vérité. Le Prince Cantìmir paroït avoir marqué le lieu ■f ur< î ue *de la bataille par conjecture ; car dans une Note, après avoir remarqué quesi l’on en croît les Ecrivains Chrétiens (*), cette bataille fe donna fur lesbords de l’Euphrate, il allégué que les Historiens Turcs disent tous queTimur , immédiatement après lavoir gagnée, entra dans Prufe : preuve évi-dente, dit-il, que cette action sanglante se passa dans les plaines de cetteville. Mais c’est ce qui est démenti par les Historiens tant Orientaux (f)que Grecs, & même par f Auteur des Annales Turques de Gaudier (b) queCantìmir méprise si fort, tous s’accordent à faire de la plaine d’Enguri oud '/Jncyre le champ de bataille. Quoi qu’il en soit, nous nous flattons que nousferons plaisir au Lecteur d’ajouter ici la Relation de ce mémorable événe-ment , tirée d’un Auteur Oriental, qui a écrit l’Histoire de Timur Bec avecbeaucoup de jugement, d’exactitude, & fort en détail.
Suivant Chereffeddin Ali voici quelle fut l’occasion de la guerre entre B a- Motifs de 'jazet & Timur. Bajazet s’étant rendu maître de Sivas ou Sébaste & de Ma- la guerre .latia, après la mort de Kadi Burhano’ddin , envoya en termes hautains som-mer Taharten (j) , Prince d’Arzenjan, de venir à sa Cour, & d'envoyer àson Trésor les tributs de cette ville, d’Arzerum & de leurs dépendances.
Taharten en donna avis à Timur (§), qui fut fort surpris de la hardiesse del’Othoman, qui savoit bien que Taharten étoit sous fa protection ; il lui é-crivit une Lettre très-mortifiante (**), dans laquelle il le qualifie de Fourmi t
de '
(aj Cantìmir , T. I. p. 150-152. (£) Annal. Sultanor. p. m. 18.
avis à Timur, & ce fut-là suivant Chereffeddin la principale cause de la guerre qu’il déclaraà Bajazet. Voy. la même Hist L. V. Ch. 13. & suiv.
(*) 11 faut qu’il ait consulté de méchans Ecrivains, car les meilleurs disent que la batail-le se donna près d’Ancyre.
(■f) Comme /írabìiih & Cheffseddin* Voy. flufïï D Herbe lot , Art. Timur m
(j.) Le même que le Tah in Beg de l’Hiitoire Turque j la différence vient sans-doute dequelque erreur dans les points
(Jj ouivant les Annales traduites par Gaudier , Germian, Duzinon Beg, Prince d’Aidin,
& Mcnta tía, fe joignirent à T brin Beg pour envoyer des Ambassadeurs à Timur . Annal. /Sultanor. p. m. iL.
(**) Elie s’adressoit au Padtsha ou Empereur . île Rwn, Bajazet le Tennere.
Iii 3