B A J A ZE T, QUATRIEME SULTAN. 44Iles actions, .mais n’ayant pu soutenir la force & l’intrépidité des Tartares ,il fut obligé de fuir. Le Sultan HuJJein, qui commandoit l’avantgarde de - T/t ° 2 ' „Taile gauche de 1 ïtrnr, fondit fur f aile droite de f ennemi, dont il fit unecruelle boucherie ; mais 7 mur s’appercevant qu’il s’étoit trop avancé envo-ya Mirza Mehemed Sultan à la tête de tous les Behadurs ou Enfans perdus ,pour le soutenir.
Courant à toute bride jusques dans le milieu de l’Armée Othomane, il en Les Turc!rompit les rangs & la mit dans un grand désordre. Les Européens d’autre plient.
‘ côté donnerent des marques d’une extrême valeur, plusieurs fois les deuxPartis fondant les uns fur les autres tantôt faisoient plier, tantôt pilotent;
.mais enfin les Tartares eurentTavantage par la mort de Pajir Laus (*), <Scpar le massacre de l’Infanterie de l’aile droite des Turcs. Les Mirzas PirMehemed, Omar Scheikh .& Eskander, chassèrent l’Infanterie Turque descollines où elle étoit possée. Timtir s’appercevant que les ennemis commen-çoìent à plier, ordonna aux Mirzas & aux Emirs (f) daller avec toute Far-inée fondre fur les Othomans. Ces Généraux s avancèrent tous le labre à la. main, & firent un si épouvantable carnage d’une partie de l’armée des Turcs,que le. reste prit la fuite.
Dans le tems que Mirza Mehemed Sultan enfonça l’aile droite de l’en- Défaitenemi, six Compagnies de ce Prince monterent fur une colline, qui étoit têt ale deproprement leur poste. Bajazct les voyant en petit nombre, les attaquaà la tête fie son Corps de bataille , & les ayant chassés de ce poste ils’y rangea en leur place (f). Les six Compagnies ayant rejoint le Mir-za se rallièrent, & s’étant fortifiées de plusieurs -Régimens remonterontdans le dessein de combattre ce Corps de bataille de Bajazet. Mais l’Em-•pereur Othoman ayant examiné fur cette hauteur la disposition de sonarmée, & s’étant apperçu du désordre ou pour mieux dire de la dérou-te de ses deux ailes (§) , dont les Soldats fuyoient vers lui, il fut saisi
de
('*) Ducas rapporte qu ’Etienne fì!s de Lazare & bcaufrere de Bajazet, indigné de ía: perfidie de quelques transfuges, fondit fur les ennemis à la tête de cinq-inille -erviens,
•que IfcS Scythes s’clltrouvrirtnt pour les laisser passer, & ensuite tirèrent fur eux, maisfans effet, parcequ’ils avoient des Cuirasses à l’épreuve. Que la même chose arriva àune seconde attaque; qu 'Etienne voyant qu’il n’y avoit rien à gagner, vint parler à'i’oreilte â Bajazet , & ne put lui persuader de se retirer. Qu alors ii mit au milieu de.ses Troupes Musulman fils aîné du ultan, se fit jour au travers des rangs des Scythesqui étoient fort serrés, & le sabre à la main fe fil passage pour aller à Pruse.
(f; C’étoit les principaux Chefs, qui fervoient de Lieutenans - Généraux aux fils de
Timur. .
(1) Ducas en fait aussi mention. II dit que Bajazet monta fur une hauteur avecdix-mil-
•le Janissaires, le resse des Turcs ayant pris la fuite & été taillés en pieces. Que lorsqueles Scythes virent que Bajazet étoit pris comme dans un filet, ils convinrent de renvoyerles Soldats nu d s, félon !a coutume ancienne des Romains, des Perses, des Serviens &des Scythes; de ne point tuer leurs ennemis en faveur de )a Religion, ni de ne les pointretenir prisonniers, mais de les renvoyer après les avoir dépouillés. Mpis que les Janissai-res fondirent fur eux comme des lions, & qu’étant un contre dix, ils furent taillés en pie-ces : qu’alors les s cythes crièrent à Bajazet , desctndez de cheval & venez parler à iamet*-tau qui vous demande; qu’il descendit alors. qu’on le mit fur un petit cheval qu’on k.i a-Voit préparé, & qu’il fut ainsi conduit à la tente du Vainqueur.
(5) Ducas Ch. XVI. attribue la défaite de Bajazet á la désertion de queiquer-uns des
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