450 HIST. DE L’EMPIRE 0 TH 0 MAN. Liv. XVIIs. Chap. V.
1405. timidité naturelle, soit défiance de íès forces, n’ofa risquer une bataille, St— ' retourna en Valaquie.. Soliman n’attribuant ses succèsqu’àfa prudence
fa valeur, fe livra plus que jamais à la débauche (*). La Cour ressemblaplutôt à un séjour de prostitution qu’à une école de vertu , les honneursdevinrent la récompense des Ministres des plaisirs infâmes, ou des Pourvo-yeurs de vin, & la Discipline militaire fut entierement négligée.
Iles tué. Musa, profitant del’intempérance de son frere, sollicite fous main lesGrands (f), qui déja indisposés contre Soliman à cause de les excès, fe por-tèrent aisément à la révolte. Musa rassemble ses Troupes , & après une?. longue marche arrive à Andrinople, avant que ion frere en eût le moindrevent ; Soliman fe trouve fans défense , abandonne la ville pour fe sauver àConstantinople. Mais chemin faisant il s amuse à boire, & s’enyvre ; il estsurpris dans le bain à un village , & y est tué par un des soldats de Musa „qui ordonna qu’on l’enterrât dans le tombeau à'Amuratb son grand-pere, nom-mé Chodavendikar ( a ).
Ducas rapporte la mort de Musulman ou Soliman d r une autre maniéré. CePrince, dit-iì, étant parti d'Andrinople pour aller à Constantinople avecquelques Cavaliers, ils l’abandonnèrent tous en chemin, & fe rendirent kMusa ; deforte qu’étant entré seul dans une petite ville, les habitans jugè-rent par la magnificence de íes habits que c’étoit un Prince, deforte quecinq jeunes gens coururent au devant de lui avec des arcs & des fléchés : é-tonné il tira fur eux & en coucha deux par terre ; les trois, autres s’étant réu-nis pour venger leurs freres, tirèrent ensemble sur lui,Tabbatirent de son che-val & lui coupèrent la tête.
Musa , qui entra dans Andrinople aux acclamations du peuple, pleurala mort de son frere , & le fit enterrer à Prufe en grande pompe. IIfit aussi arrêter les trois jeunes gens qui l’avoient tué, & ayant fait as-sembler les habitans du lieu , il commanda de les lier séparément cha-cun avec fa femme & ses enfans, de lea enfermer dans leurs massons Scde les y brûler (b).
Son carne- Soliman gouverna pendant sept ans & dix mois. Jeune Prince qui fur-tere. p a ss a ses.freres en bien & en mal; il fut un Capitaine vaillont & heureux ;itétoìt généreux & clément (j) mais il fe perdit par ses débauches (V).
Interrègne fous Musa Ciielebi.
■ Musa Tandis, que Mujw recueilloit le fruit de fes travaux, & que FAnnéeCheiebi. d’Europe le reconnoissoit pour Empereur y Mahomet , qui commandoit à A*
ma*
G) Cantmír , T. I. p. I7Z iLSì (c) Cantìmir, T. I. p. j§r. 18s.
(P) Ducas , C. 19.
(*) Ducas dît qu’il paflbit les jours entiers à table.
(f) Ducas rapporte la même chose.
(f) Ducas dLt qu’il ne demeurait en aucune ville ni en aucun bourg quelque temsvqti’iî ne fît tant de largesses aux riches & aux pauvres, que ceux-ci éroient déli-vrés de leur pauvreté, & que ceux-là s’en ttouvoienc dans- une nouvelle abondance.