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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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' AMURATH II. SIXIEME SULTAN. 4 $ sment à Démétrius, „ qu’il ne devoit pas s’imaginer qu’ils avoient combat- I4a2 ,„ tu & couru tant de dangers pour lui, & qu’íí ne devoit pas s’attendre —-■»,, qu’ils lui donnassent des Citadelles & des Places; qu’il devoit être con-„ tent qu’ils le laissassent retourner à Constantinople, vu les mauvais trai-„ temens qu’ils avoient reçus à Lemnos, & les outrages que les Moines leur„ avoient faits dans le Monastère de Pammacariste. ”

Démétrius ,aussi irrité que surpris de ce discours, dit à Cinéìs , que ce n’é-toit pas à lui à parler ainsi fur des affaires cîe cette nature, s’en retourna íurses Galères, où il attendit la réponse de Mustapha. Ce Prince Pétant venutrouver, s’excusa de ce qu’il ne lui remettoit pas Callipoli, alléguant qu’ilvaloit mieux qu il contrevint à son serment , que de violer la religion en mettantdes personnes pieuses b fidèles entre les mains des impies & des infidèles, ensoumettant me nation particulièrement consacrée au service de Dieu , à la domi-nation d’une autre qui ne connoít point le Dieu du Ciel & de la Terre:il ajouta,que s’il tomboit dans une fi horrible impiété, les Musulmans ne souffriroìent pointqu’ìl jouit de C autorité souveraine.

Démétrius écouta ce discours dans la posture d’un lion à qui íà proyeest échappée, qui tient la tête baissée, & qui de rage frappe la terre avecfa queue. II répondit en reprochant à la Famille Othomane de n’avoir ja-mais gardé la foi des sermons; „ Orchan , dit-il, n’a jamais gardé les Trai-„ tés ni les Sermons, Iltrim Bajazet a imité son infidélité,& en a été puni„ de même que Musulman & Musa vos freres ; il n’y a eu que votre frere„ Mahomet qui a observé religieusement les Traités, & qui a couronné son„ régné d’une mort paisible. Pour vous le bonheur ne peut vous accom-„ pagner longtems si vous ne changez de conduite ". II lui rappella en-suite les obligations qu’il avoit à l’Empereur , en lui disant. „ Vous eussiez„ été étranglé, si l’Empereur vous eût livré à Mahomet: les Romains à-la-,, vérité auroient été accusés d’une injustice odieuse & d’une trahison cri-,, minelle, mais aussi au-lieu de vous livrer ils vous ont secouru & éle-„ vé sur le Trône Dès qu’il eut cessé de parler il fit voile pourConstantinople {a).

L’Empereur,piqué & irrité de ce manque de foi, après une assez longue Manuelirrésolution envoya offrir à Amurath de le rétablir dans les Etats de ses fre- ? abandon*res, s’ilvouloit exécuter le Testament de son pere, & lui donner ses deux ne 'jeunes freres en otage. En attendant, Mustapha ayant mis ordre à toutdans Callipoli retourna à Andriople. II trouva dans le Palais de son freredes trésors inestimables, & de belles femmes ; cette abondance de toutesfortes de biens le plongea dans les plaisirs, pendant qu ’Amurath qui n’a voiepas encore vingt ans, fe livroit à Prufe aux mêmes désordres. II ne s’yabandonnoit toutefois pas si absolument, qu’il ne songeât aux moyens derentrer en possession de ce qu’il avoiq perdu. II avoit encore un grand nom-bre de sages Conseillers, qui ayant appris que Mustapha négligeoit les af-faires, & de quelle maniéré il avoit trompé Léontaire, proposèrent au Sul-tan d’envoyer en Ambassade à Constantinople Abraham ( Ibrahim ) fils à’Ali,

hom- '

O) Ducas Ch. XXIV.Nnn

Terne VIII •