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, sue l’Empereur sar /a breclie, désespérant de tout, & tenant son épée & Secivoj*'son bouclier, s’écria douloureusement, Ne se trouvera-t-il point un Chrétien i.qui me coupe la tête? A peine eut-il achevé qu’un Turc lui donna un coup Jusqu'à laau visage, & â l’heure même un autre Turc lui en donna un second qui 1- Conslan-fit tomber mort, sans .qu’il fût que c’étoit l’Empereur. tinople.
Les Turcs entrerent dans la ville à une heure après minuit, n’ayantpèr- —du que trois hommes, au-lieu que depuis la Porte de Carsias jusqu’au Palaisils en tuerent deux-mille, tant de ceux qui fuyoient que de ceux qui se dé-fendoient. Ils n’en nièrent ainsi que parcequ’ils croyoient qu’il y avoitcinquante-mille combattans, car s’ils enflent su qu’il n’y en avoit que huit-mille, ïls n’en auroient pas tué un seul, non par pitié mais par avarice ,parcequ’ils les auroient vendus comme des moutons,ainsiqu’ils le dirent de-puis à Ducas (*).
A la pointe du jour, quelques Romains coururent à leurs maisons , pour Etrangeveiller à la sûreté de leurs femmes & de leurs enfans , & bienqu’ils fussent crédulité.couverts de sang, ceux qu’ils rencontraient dans les rues ne voulurent pascroire que les Turcs étoient entrés dans la ville. Enfin la nouvelle se confir-mant par la foule d’autres qui se suivoient, les femmes, les hommes, les Re-ligieux & les Religieuses coururent en foule vers la grande Eglise, nommée■Sainte Sophie, ajoutant foi à une ridicule prédiction (f) touchant la destruc-tion des Turcs, qu’ils croyoient devoir s’accomplir alors.
Cette prédiction étoit, que les Turcs dévoient un jour entrer par force Faufedans Constantinople, & tailler les Romains en pieces jusqu’à la colomnede Prophétie-Constantin:' qu’alors un Ange descendrait du Ciel avec une épée, & donne-rait cette épée & l’Empire à un pauvre homme, qu’il trouverait fur la co-lomne, & lui diroit, Prenez cette épée vengez le peuple du Seigneur. Queles Turcs prendraient la fuite à l’heure même, & que àRomains les pour-suivraient, en tuant incessamment, & les chasseraient de l’Occidentjusqu’âun endroit nommé Monadenerc , qui est sur la frontière de Perse. Ils n’a-voient d’autre raison de croire une pareille absurdité, linon qu’ils f avVientouï dire à certains Imposteurs.
Les Grecs qui s’étoient sauvés dans la grande Eglise, se flattoient d’y Prise deêtre parfaitement en sûreté; mais quand les Turcs y arrivèrent, ils en laFìlíe.rompirent les portes à coups de hache, & y ayant trouvé une multitudeinnombrable de peuple, ils les lierent deux à deux & les emmenerent. Ungrand nombre de personnes qui furent assez simples pour aller en processionau tombeau de Sainte Théodosie Martyre, tomberent entre les mains des
Turcs,
(*) II remarque à cette occasion que les Turcs font si intéressés, qu’iìs laisseroient allerI’assaslìn de leur pere pour de l’argent.
(f) Chalcorusle rapporte que ceux qui gardoient les portes, les tinrent fermées parla folqu’ils ajoutoient à cette vieille & ridicule prophétie ; deforte que le Peuple ne pouvant s’en-fuir hors de la ville, fe sauva dans Sainte Sophie, où les Turcs arrivèrent d’abord, & enmassacrèrent un grand nombre au milieu de l’Eglife. Des autres, qui fuyoient de côté &d’autre, quelques-uns firent ferme, & aiinerent mieux mourir les aimes à la main, que defe voir esclaves.; de ce nombre fut Théophile Palèologue avec son peie &sesfiJs. C haÌM.dpe.
L. VIII. Ch. ô.
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