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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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, sue lEmpereur sar /a breclie, désespérant de tout, & tenant son épée & Secivoj*'son bouclier, sécria douloureusement, Ne se trouvera-t-il point un Chrétien i.qui me coupe la tête? A peine eut-il achevé quun Turc lui donna un coup Jusqu'à laau visage, & â lheure même un autre Turc lui en donna un second qui 1- Conslan-fit tomber mort, sans .quil fût que cétoit lEmpereur. tinople.

Les Turcs entrerent dans la ville à une heure après minuit, nayantpèr-du que trois hommes, au-lieu que depuis la Porte de Carsias jusquau Palaisils en tuerent deux-mille, tant de ceux qui fuyoient que de ceux qui se-fendoient. Ils nen nièrent ainsi que parcequils croyoient quil y avoitcinquante-mille combattans, car sils enflent su quil ny en avoit que huit-mille, ïls nen auroient pas tué un seul, non par pitié mais par avarice ,parcequils les auroient vendus comme des moutons,ainsiquils le dirent de-puis à Ducas (*).

A la pointe du jour, quelques Romains coururent à leurs maisons , pour Etrangeveiller à la sûreté de leurs femmes & de leurs enfans , & bienquils fussent crédulité.couverts de sang, ceux quils rencontraient dans les rues ne voulurent pascroire que les Turcs étoient entrés dans la ville. Enfin la nouvelle se confir-mant par la foule dautres qui se suivoient, les femmes, les hommes, les Re-ligieux & les Religieuses coururent en foule vers la grande Eglise, nomméeSainte Sophie, ajoutant foi à une ridicule prédiction (f) touchant la destruc-tion des Turcs, quils croyoient devoir saccomplir alors.

Cette prédiction étoit, que les Turcs dévoient un jour entrer par force Faufedans Constantinople, & tailler les Romains en pieces jusquà la colomnede Prophétie-Constantin:' qualors un Ange descendrait du Ciel avec une épée, & donne-rait cette épée & lEmpire à un pauvre homme, quil trouverait fur la co-lomne, & lui diroit, Prenez cette épée vengez le peuple du Seigneur. Queles Turcs prendraient la fuite à lheure même, & que àRomains les pour-suivraient, en tuant incessamment, & les chasseraient de lOccidentjusquâun endroit nommé Monadenerc , qui est sur la frontière de Perse. Ils na-voient dautre raison de croire une pareille absurdité, linon quils f avVientouï dire à certains Imposteurs.

Les Grecs qui sétoient sauvés dans la grande Eglise, se flattoient dy Prise deêtre parfaitement en sûreté; mais quand les Turcs y arrivèrent, ils en laFìlíe.rompirent les portes à coups de hache, & y ayant trouvé une multitudeinnombrable de peuple, ils les lierent deux à deux & les emmenerent. Ungrand nombre de personnes qui furent assez simples pour aller en processionau tombeau de Sainte Théodosie Martyre, tomberent entre les mains des

Turcs,

(*) II remarque à cette occasion que les Turcs font si intéressés, quiìs laisseroient allerIassaslìn de leur pere pour de largent.

(f) Chalcorusle rapporte que ceux qui gardoient les portes, les tinrent fermées parla folquils ajoutoient à cette vieille & ridicule prophétie ; deforte que le Peuple ne pouvant sen-fuir hors de la ville, fe sauva dans Sainte Sophie, les Turcs arrivèrent dabord, & enmassacrèrent un grand nombre au milieu de lEglife. Des autres, qui fuyoient de côté &dautre, quelques-uns firent ferme, & aiinerent mieux mourir les aimes à la main, que defe voir esclaves.; de ce nombre fut Théophile Palèologue avec son peie &sesfiJs. C haÌM.dpe.

L. VIII. Ch. ô.

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